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    Publié à 15 h 33 min par Antoine Bocheux, le juin 28, 2026

    La chaleur a pesé de tout son poids sur la France. Nous venons de vivre en une semaine les 3 journées où la température moyenne a été la plus élevée dans l’hexagone. L’indicateur thermique national a culminé à 30 degrés les 24 et 25 juin et à 29,9 degrés le 23 juini. Le précédent record était de 29,4 degrés le 25 juillet 2019. Sur une large façade ouest du territoire des records absolus de température ont été mesurés : les 40 degrés ont été régulièrement dépassés. De nombreux records de températures minimales sont également tombésii.

    Difficile de ne pas s’inquiéter quand les climatologues prévoient que dans les années à venir les canicules seront plus nombreuses et encore plus sévères. Tout devient plus compliqué voire dangereux quand le mercure atteint des sommets : travailler, faire du sport, jardiner, assister à un concert … Même s’endormir devient difficile quand la chaleur pèse comme une chape de plomb, la sueur collée au corps sous les draps. Face à des nuits où la température ne descend plus en dessous de 27 degrés la climatisation est le seul palliatif qui fonctionne encore. Au prix de rester enfermé dans son cocon, dépendant d’un équipement de plus. Et d’un réseau électrique qui a donné cette semaine des signes de surchauffe. Des dizaines de milliers d’abonnés privés d’électricité, très probablement à cause de la chaleur accumulée par le goudron sous lequel sont enterrés les câbles électriquesiii

    Difficile de continuer de vivre « normalement ». Beaucoup de choses changent autour de nous. Les volets sont fermés en plein jour, les rues sont presque vides. Les hommes sont touchés, les plantes aussi. Leurs feuilles flétrissent puis jaunissent, les paysages changent de jour en jour, passant presque sans transition du vert du printemps à un jaune évoquant la fin de l’été. Les oiseaux ne sont pas épargnés, derrière la fenêtre un merle suffoque le bec ouvert. Il vient chercher un peu de fraîcheur dans une soucoupe d’eau laissée à son intention.

    Le paysage est bouleversé en quelques jours, c’est saisissant. On peut passer à côté de parcelles de vignes arrachées, de la construction d’une zone industrielle ou d’un lotissement qui le modifient à petit feu. Avec la vague de chaleur il n’est pas possible d’y échapper, tout le territoire est touché, aucun refuge n’est à l’abri. Cela donne l’impression étrange d’être chez soi en vivant ailleurs. Une sorte d’exil immobile où l’on se rend compte combien notre qualité de vie, nos paysages, nos terroirs sont dépendants d’un climat stable. L’idée de savoir que ces vagues de chaleur vont devenir la norme, que nous ne retrouveront plus jamais le même climat fait peur.

    Il faudra beaucoup de robustesse pour s’adapter à ces fluctuations de notre environnement. Les arbres y arrivent pour le moment, leurs feuilles sont encore vertes. Mais elles flétrissent. L’eau manque, les stomates, de minuscules ouvertures par lesquelles l’eau s’évacue sous les feuilles sont fermées de plus en plus longtemps. Cela leur permet d’économiser de l’eau mais les fait flétrir : 90 % du poids d’une feuille est constitué d’eau, quand l’eau vient à manquer elles perdent leur rigidité. Cela les empêche également de faire leur photosynthèse normalement. Sans eau, les plantes ne peuvent pas transformer en sucres l’énergie du soleil ! Nous ne sommes pas encore en juillet et les arbres sont déjà bien fragilisés.

    Les feuilles flétries d’un poirier

    Il reste malgré tout quelques gouttes d’eau dans les sols dont certaines plantes arrivent à tirer profit pour fleurir. C’est le cas du liseron dont les jolies fleurs blanches tapissent une pelouse complètement jaunie. Ou de la menthe dont les fleurs commencent à sortir alors que leurs feuilles permettent de faire de délicieuses infusions pour se rafraîchir. Une manière de voir le verre d’eau à moitié plein. Mais il ne faut pas oublier toutes les plantes que la vague de chaleur et la sécheresse ont empêché de fleurir. Elles risquent de disparaître de nos territoires à cause de la répétition des vagues de chaleur.

    Des liserons en fleur

    ihttps://reporterre.net/Juin-2026-la-canicule-de-tous-les-records

    iihttps://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/cartes-dans-quelles-villes-des-records-de-temperatures-ont-ils-ete-battus-en-france-depuis-le-17-juin_8079590.html

    iiihttps://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/on-peut-avoir-jusqu-a-80-c-en-sous-sol-enedis-redoute-des-pannes-voire-des-coupures-d-electricite-localement_8074046.html

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    Auteur : Antoine Bocheux

    Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, Changement climatique, Nature, Photos |

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