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    Publié à 15 h 51 min par Antoine Bocheux, le avril 25, 2026

    Ces derniers jours, j’ai lu avec plaisir l’adaptation en BDi de la nouvelle de Jean Giono « L’homme qui plantait des arbres ». Une façon de redécouvrir ce récit. L’histoire est simple, elle tient en une vingtaine de pages  : dans le sud des alpes françaises, un berger, Elzéard Bouffier, vit à l’écart des hommes. Il passe, inlassablement, ses journées à planter des arbres. Les moyens dont il dispose semblent dérisoires : des graines qu’il ramasse et une tringle de fer pour faire les trous dans lesquels il dépose les graines. Pourtant, en l’espace de 40 ans, il métamorphose le paysage autour de lui. Sur des dizaines de kilomètres, les arbres qu’il plante transforment des terres arides, presque désertiques, en une magnifique forêt. Grâce à elle l’eau coule de nouveau dans les sources et les rivières. Les hommes reviennent vivre sur ces terres et occupent de nouveau les villages qu’ils avaient abandonnés. Et ils y vivent bien.

    En 2026 lire ce texte fait du bien pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’au lieu de laisser place à l’indignation ou à l’inquiétude comme une large part des actualités qui arrivent à nos yeux et nos oreilles, il suscite de l’admiration et interroge. Elzeard Bouffier fait le bien autour de lui sans rien attendre en retour. Suite au décès de sa femme et de son fils unique, il décide de se rendre utile en plantant des arbres. Parce qu’il avait jugé que le pays mourait par manque d’arbres. Sans attendre aucune récompense ou reconnaissance en retour. Ce personnage de fiction est remarquable par son altruisme. Une qualité rarement mise en avant.

    Grâce à sa patience Elzéard Bouffier finit par avoir prise sur la réalité. Cela rappelle que s’il y a des choses comme le changement climatique sur lesquelles nos actions individuelles restent symboliques, elles peuvent aussi peser très concrètement sur notre quotidien. C’est le cas dès qu’il s’agit de choisir comment sont recouverts les sols. Jean Giono l’explique bien en quelques phrases. Oui les arbres et les écosystèmes qu’ils abritent retiennent l’eau et la restituent petit à petit, oui ils abritent du vent, oui ils sont beaux, oui il est plus agréable de vivre avec eux que sans eux. Il suffit de peu pour qu’ils reviennent. Le plus souvent d’attendre que des graines germent toutes seules et de les laisser tranquilles. Si cela ne suffit pas, comme c’est le cas dans la nouvelle, planter des graines demande beaucoup de patience mais reste possible.

    Cette nouvelle est également apaisante par sa sobriété. Chaque mot semble être pesé pour faire sens. A l’image d’Elzeard Bouffier qui parle peu et du narrateur qui sait respecter son silence en ne lui posant pas de questions superflues. C’est cette discrétion qui lui permet d’être accepté par Elzeard Bouffier et de passer du temps avec lui. Cette sobriété fait du bien à notre époque où nous sommes submergés par un trop plein de mots et d’informations. Devant ces stimulus incessants, c’est notre capacité à observer et à réfléchir qui est menacée. Jean Giono arrive à susciter beaucoup de sens avec peu de mots. Exactement l’inverse des intelligences artificielles génératives qui les alignes simplement de manière probabiliste.

    Il se dégage beaucoup de sérénité de l’homme qui plantait des arbres. Parce que les personnages vivent lentement au rythme de la nature. Ils donnent l’impression de ne faire qu’un avec elle. Plus encore, parce que les pensées et les actes d’ Elzeard Bouffier sont en cohérence. C’est peut être le secret de son bonheur.

    ihttps://www.gallimard-bd.fr/9782075224116/l-homme-qui-plantait-des-arbres.html

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    Auteur : Antoine Bocheux

    Posté dans Forêt | 0 Commentaire | Tagué Arbres, Nature |

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