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    • Quand les arbres se remettent en mouvement

      Publié à 20 h 24 min par Antoine Bocheux, le mars 21, 2021

      Depuis le 20 mars nous avons changé de saison pour rentrer dans le printemps Nous quittons les longues nuits d’hiver pour rentrer dans une période où les jours sont plus longs que les nuits. 20 mars, 19 mars, 18 mars. La végétation semble la même, un changement est difficilement perceptible. Les plantes semblent immobiles. Cette immobilité n’est qu’une illusion. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les arbres. Le 1er mars leurs silhouettes sont encore complètement dénudées comme un dessin à l’encre de Chine. Dans les premiers jours de mars, les premières feuilles apparaissent sur les arbustes. C’est le retour du vert tendre des feuilles dans la palette de couleurs de la nature. Les jours passent et les arbres semblent toujours figés.

      Les premiers bourgeons des arbres commencent à éclore

      Au bord des chemins, le mouvement est perceptible de semaines en semaines, les fleurs continuent d’amener des taches de couleur. Malgré des températures parfois plus fraîches qu’en février, l’allongement de la durée des jours est propice à leurs éclosions. Les stellaires holostées amènent une touche de blanc sur les talus où elles poussent en abondance. Le jaune des ficaires et le bleu des pulmonaires sont toujours présents en abondance. Le rose fait timidement son retour avec les premières fleurs d’oseilles sauvages et de géraniums Herbe à Robert. Près des fossés, les feuilles sont de plus en plus variées et laissent deviner l’exubérance de la végétation qui nous attend en avril et en mai. Les feuilles en forme d’étoile des boutons d’or sont déjà nombreuses. Les premières feuilles de bardanes, rugueuses et épaisses font leur apparition. C’est toujours avec plaisir que je froisse la première feuille de berce de l’année pour retrouver son odeur caractéristique, très puissante et difficilement descriptible. Un étonnant mélange de panais et noix de coco. Derrière l’uniformité du vert des feuilles, se cache une infinie diversité, de formes, de textures et d’odeurs.

      Au cours du mois, les journées passent et la durée des jours s’allonge. Et puis, un jour, en levant les yeux au ciel, une tâche de couleurs fait sans crier gare son retour dans les houppiers de certains arbres. Les houppiers sont hauts, difficile de voir exactement ce qui se passe depuis le sol. Pour cela je me rends à la lisière d’une prairie et d’un bois. Le 20 février tout semblait immobile ici, hormis les fleurs de noisetiers dont l’exubérance détonnait avec le vert uniforme de la prairie et les arbres dégarnis. Le 20 mars changement de décor : la prairie est recouverte de cardamines des prés et les premières feuilles de charme commencent à capter la lumière du soleil. Avec leurs délicates fleurs blanches et roses, les cardamines sont un régal pour les yeux. Pour le palais aussi, ces fleurs me rappellent le souvenir d’une journée plantes sauvages et comestibles avec les Jardins D’Isis. L’occasion de découvrir que leur saveur pimente agréablement les salades.

      En lisière du bois, j’ai tout le temps de regarder de plus près les bourgeons des charmes et des chênes. Les tâches vertes que j’ai vu tout à l’heure sont celles de charmes fraîchement débourrés. Les bourgeons des chênes commencent à gonfler, mais leurs écailles restent fermées.
      Observer à hauteur d’homme le débourrage des bourgeons de charme est un moment privilégié. Comme une boîte à bijoux, ils s’ouvrent pour libérer leur trésor. Enroulés tout l’hiver à l’abri de leurs coffrets d’écailles, de petites feuilles et de petites tiges commencent à s’étirer vers la lumière. Ce moment éphémère où le pétiole d’une jeune feuille vert tendre est encore recouvert par les écailles du bourgeon qui l’ont protégé tout l’hiver permet de visualiser avec notre perception limitée le mouvement des arbres. Les feuilles, les tiges, les fleurs, tout est déjà là en miniature dans le bourgeon en train de s’ouvrir, prêt à grandir et s’étirer vers la lumière du soleil.

      • Le débourrage d’un charme
      • Gros plan sur l’éclosion d’un bourgeon de charme
      • Cardamine des prés
      • Stellaire holostée
      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, botanique, Nature, Photos, Printemps
    • Les fleurs de février, prémices du printemps

      Publié à 16 h 58 min par Antoine Bocheux, le février 21, 2021

      Décembre et janvier furent monochromes. Sous leurs lumières grises et blafardes, les silhouettes des arbres dénudés se détachaient. Dans les derniers jours de janvier, une première tache de couleur est apparue. C’était une ficaire, une petite renonculacée à la feuille en forme de cœur vert luisant. Son jaune vif et brillant contrastait avec la pâleur du vert de l’herbe et du bleu gris du ciel. Une petite touche de jaune, premier prémisse du printemps. Février arrive. Petit à petit, les bords des chemins reprennent des couleurs. Pas encore le feu d’artifice du printemps. Déjà de quoi attirer le regard vers les bas-côté, ralentir le pas et se baisser pour observer ces premières fleurs de l’année de plus près.

      En ce mois de février, les gelées sont encore fréquentes et tempèrent l’exubérance de la végétation. Le mince tapis de chlorophylle qui recouvre le sol n’est pas bien épais. Les ficaires ne mesurent que quelques centimètres. Cela ne les empêche pas de prendre leurs aises et de le surplomber. Le jaune de leurs fleurs brille de mille éclats au dessus de cette végétation assoupie où les orties ne sont encore que frêles pousses qui pointent à peine le bout de leurs piquants. Elles attendront des jours plus longs et ensoleillés pour grandir et fleurir. Les ficaires ont choisi une autre stratégie en fleurissant à contre-courant. Le temps est compté pour elles, mais l’espace est dégagé. Dans quelques semaines le jaune de leurs fleurs va s’estomper et ne sera plus qu’un souvenir.

      Début février les taches de couleurs sont encore rares. Alors, quand le regard croise la grosse boule jaune d’un ajonc en fleurs il est saisi par ce feu d’artifice de couleurs. A regarder sans modération; éviter de toucher : les épines sont vraiment piquantes ! Les jours passent, d’autres teintes entrent discrètement en scène. Le mauve des fleurs de pulmonaires égaye ça et là les abords des fossés. Elles émergent au-dessus de leurs feuilles tachetées. Elles sont rares et discrètes. L’inverse des véroniques de perse qui se plaisent dans les cultures et les potagers. La discrétion de leurs petites fleurs est compensée par leur nombre. Par endroit, elles forment une vaste mosaïque de points bleus qui recouvrent le sol. Combien de fleurs pour constituer ce patchwork. Des centaines ? des milliers ? Peut-être plus encore ?

      Le plus spectaculaire reste à venir avec la floraison des noisetiers. Leurs chatons, porteurs de millions de grains de pollens, font penser aux décorations sur les sapins de noël. La finesse en plus. En les regardant à la loupe, on parvient à distinguer les étamines des fleurs mâles qui pointent au bout de ces guirlandes suspendues sur les branches. Les fleurs femelles sont plus discrètes. Il faut s’approcher pour les distinguer ; une sorte de petit bouton brun coiffé d’un chapeau rouge.

      La fin du mois approche. Les fleurs de prunellier commencent à éclore, faisant apparaître ça et là des touffes d’une blancheur étincelante.

      L’apparition de ces premières fleurs est annonciatrice d’une nouvelle saison, d’un nouveau cycle. Le retour du cri puissant des grues cendrées nous rappelle que nous ne sommes pas les seuls à ressentir que le printemps approche. Au moment où le changement climatique modifie les cycles de la nature et le Covid les cycles de ne nos modes de vie, il est rassurant de voir le cycle des saisons se perpétuer. L’an dernier les noisetiers, à cause de la sécheresse, ont perdu une partie de leurs feuilles dès le mois de juillet. Il est réconfortant de les retrouver resplendissants. Quant à nous Homo Sapiens, peut-être pas si sage que ça, nous nous préparons à vivre un deuxième printemps avec un nouveau prédateur qui nous menace : le Covid. La présence de ce virus nous oblige à faire évoluer nos modes de vie. Comme les mésanges qui changent leur période de reproduction pour s’adapter au changement climatique ou les chevreuils qui quittent les bois la nuit pour se nourrir dans les milieux ouverts que nous avons créés. Autant d’exemples tirés du numéro de la revue Salamandre de février 2021 qui titre « l’évolution sous nos yeux ». Le cycle des saisons, lui, continue son cours. Il nous apporte au moins une certitude : la durée des jours va s’allonger et le printemps approche !

      • Ficaire
        Ficaire
      • Ficaire
        Ficaire
      • Pulmonaire
        Pulmonaire
      • Fleur de noisetier mâle
        Fleur de noisetier mâle
      • Fleur de noisetier femelle
        Fleur de noisetier femelle
      • Le retour des grues cendrées
        Le retour des grues cendrées
      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Bonatique, Nautre, Photos, Printemps
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