Les champs de mes rêves

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    • Réflexions scientifiques, poétiques et philosophiques sur la beauté du vivant

      Publié à 18 h 15 min par Antoine Bocheux, le novembre 17, 2024

      Les définitions du dictionnaire ne donnent pas toujours satisfaction. C’est le cas de celle du mot beauté. Le dictionnaire de l’académie françaisei en propose plusieurs. La première est basique « Qualité de ce qui est beau, de ce qui relève du Beau », la seconde plus intéressante « Caractère de ce qui provoque l’admiration et l’émotion, par ses formes, ses proportions, ses rythmes, son harmonie. ». Source d’émotion et d’admiration, cette définition nous indique les sentiments que la beauté peut susciter en nous. Des formes, des proportions, des rythmes, une harmonie, elle nous donne des pistes sur ce qui peut susciter cette émotion. Sans nous dévoiler ce qu’est intrinsèquement la beauté.

      Dans son dernier livre, la beauté du vivantii le botaniste Francis Hallé nous propose une réflexion sur la beauté, plus spécifiquement sur celle du vivant. Il ne se satisfait pas des définitions de la beauté proposées par les dictionnaires. Il souligne qu’elles sont trop anthropocentrées, elles se focalisent sur ce que la beauté suscite chez l’être humain sans vraiment la définir. Tel un poète, il nous propose de dépasser le sens commun des mots pour exprimer ce qu’ils n’expriment pas habituellement, contribuant à élargir notre perception de la réalité.

      La beauté, les scientifiques n’en parlent pas dans leurs travaux de recherche. Depuis l’avènement de la biologie moléculaire, il est mal vu que ceux qui étudient le vivant de s’émerveiller devant sa beauté. Francis Hallé le regrette. Parce ce que son observation est une puissante source de motivation pour les chercheurs qui consacrent leur carrière à l’étude de la nature. Parce que le grand public y est sensible. Mais aussi parce ce que cette beauté a peut-être un sens.

      La beauté du vivant est un beau livre, grand format, dont les textes sont ponctués par de nombreuses planches d’illustrations dessinées par l’auteur. Il y donne à voir des animaux et des plantes fossiles et actuels. En se focalisant sur le vivant visible, la beauté que nous pouvons admirer de nos propres yeux. Dessins à l’appui, il constate qu’au cours de la longue histoire de la vie , le vivant est allé vers plus de beauté. L’évolution sélectionne sur le temps très long les formes les plus belles et les plus fonctionnelles. Les fleurs, les papillons ou les paons dont la plupart d’entre nous admirent la beauté sont apparus tard dans l’histoire de la vie. Alors que l’esthétique des premières plantes , des premiers insectes ou des premiers vertébrés nous laisse généralement indifférent.

      Comme l’histoire de l’art ne retient que les plus beaux tableaux des époques anciennes, l’évolution ne conserverait que ce qui est beau et fonctionnel. Les formes et les proportions que nous observons dans la nature seraient tracées par des centaines de millions d’années de sélection naturelle. L’émotion et l’admiration que nous éprouvons devant la beauté de vivant est l’œuvre du temps infiniment long. Nous l’éprouvons devant ce que nos sens nous permettent de voir. Les bactéries invisibles partout autour de nous et en nous continuent-elles à évoluer. Vers plus de beauté ? Ne pouvant pas les observer, nous ne pouvons pas le savoir.

      La contemplation de la beauté du vivant peut parfois provoquer des émotions intenses. C’est ce que Francis Hallé appelle « le sentiment océanique ». Il décrit ce sentiment éphémère qui n’a rien à voir avec l’océan « la forêt s’est parée de délicates couleurs dorées et j’ai eu l’impression d’avoir disparu au profit du sublime décor qui m’entourait. Grande satisfaction, grand bonheur ; hélas cela n’a pas duré et le spectacle est redevenu normal aussi brusquement qu’il était métamorphosé ». Expérience rare qu’il indique n’avoir vécu qu’une fois. Qui correspond peut-être au sentiment exacerbé de ne faire qu’un avec la nature. Sentiment qu’il est possible d’éprouver, d’une façon moins intense et plus intellectuelle en étant touché par la beauté de la nature tout en réfléchissant aux liens intimes qui nous relient à elle. Cela me rappelle des vacances pendant lesquelles je marchais tranquillement dans le bocage et pensais que je baignais dans le même air que les arbres que j’admiraisiii. Je pensais aux molécules d’oxygène que je respirais, résultat de leur photosynthèse. Baignant dans le même air que les plantes, respirant les molécules d’oxygène qu’elles venaient probablement de rejeter. En y pensant, je me sentais plus proche d’elles. En même temps j’admirais la beauté des formes et des couleurs du vivant qui semblaient plus belles que d’habitude. J’admirais en réfléchissant au livre du philosophe Emmanuele Coccia « la vie des plantes ; une métaphysique du vivant »iv que j’étais en train de lire. Mon expérience était beaucoup plus intellectuelle et moins intense que le sentiment océanique, mais il se passait quelque chose d’inhabituel. Le sentiment de faire un avec la nature n’était plus seulement théorique.

      Après cette réflexion sur la beauté mêlant biologie, poésie et philosophie, il me reste plus simplement à partager une photo pour tenter de l’illustrer.

      ihttps://dictionnaire-academie.fr/article/A9B0713
      iiFrancis Hallé, la beauté du vivant, Actes sud, 200 pages, 2024
      iiihttps://champsdemesreves.fr/2023/05/08/vivre-au-milieu-des-plantes/
      ivEmmanuele Coccia, la vie des plantes ; une métaphysique du mélange, Bibliothèque Rivages, 192 pages, 2018

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    • Quand les plantes se jouent du temps qui passe

      Publié à 20 h 22 min par Antoine Bocheux, le mars 31, 2024

      Le printemps est comme un miracle évident. Imaginez comment les plantes traversent les longs mois d’hiver ? Fixes, privées de la possibilité de se déplacer sous des cieux plus cléments ou de s’abriter dans une maison bien chauffée. Sans pouvoir se couvrir d’un épais manteau, ni se réchauffer en bougeant. Sans pouvoir grandir faute de chaleur et de lumière. A ce problème pas si évident les solutions adoptées par les plantes sont aussi variées que complexes.

      Elles ne fuient pas le danger en se déplaçant, mais se distinguent par leurs facultés à se jouer du temps qui passe. Une sorte de fuite dans le temps, l’attente du bon moment plutôt que la recherche du bon endroit par le mouvement (ce que les graines font aussi, transportées par le vent et les animaux). Elles sont fixes mais nous pouvons leur envier quelques spécificités.

      D’abord, leur capacité d’attendre des conditions favorables des années, parfois des décennies sous forme d’embryon ayant mis son développement en sommeil : les graines. Il a fallu que la vie évolue pendant des centaines de millions d’années pour arriver à ce résultat qui permet aux plantes de recouvrir les terres émergées dès que des conditions favorables se présentent. Même si ces conditions favorables ne durent que quelques semaines, c’est suffisant pour que des graines germent, fleurissent et donnent naissance à de nouvelles graines qui, à leur tout, attendront patiemment dans le sol.

      Ensuite, la faculté des arbres à perdre leurs feuilles pendant l’hiver. Nous y sommes habitués, mais quand on y pense c’est un peu comme si nous hivernions en nous séparant de nos organes ne conversant que nos os, des réserves de graisses et quelques cellules en dormance capables de reconstituer nos organes le moment venu. Complètement inimaginable pour les animaux que nous sommes. La métaphore est un peu osée, trop basique pour rendre justice à la complexité du règne végétal, son but est simplement de faire ressortir le caractère extraordinaire de ce qui nous semble ordinaire.

      Au delà de ces réflexions métaphysiques, le printemps évidemment nous fait du bien. Le retour des herbes verts tendres, les premières fleurs, les premières feuilles. Puis au fil des semaines une montée en puissance vers toujours plus de verts, de variétés dans les formes et les couleurs des fleurs. Des odeurs qui reviennent, les paysages qui changent et sont remodelés.

      C’est un plaisir pour les yeux dont j’aime garder une trace à travers quelques photos. Je vous propose ici quelques clichés de ficaires (Ranonculus ficaria) et de pulmonaires (Pulmonaria officinalis) qui sont souvent les premières fleurs de l’année le long des chemin où je me promène.Il est toujours émouvant d’observer les prémices d’un nouveau cycle, je les regarde avec plus d’attention que celles qui les suivront. Le manque créé l’envie, la quasi disparition des fleurs sauvages qui se fait sentir pendant l’hiver pousse à s’arrêter et à se baisser pour les photographier.

      On les trouve souvent au bord des fossés et sur les talus. Les ficaires apparaissent généralement en premier. Leurs feuilles d’un vert luisant, en forme de cœur, sortent de terre dès le début du mois de janvier. Leurs fleurs jaunes se montrent de façon éparse dès fin janvier, de petites étoiles qui brillent au milieu de l’hiver. En février et en mars elles forment de véritables tapis jaunes le long des chemins. Elles vivent à contre courant du reste des plantes, elles s’éclipsent pendant l’été et démarrent leur cycle végétatif au milieu de l’hiver à la faveur des réserves accumulées dans leurs tubercules.

      Ficaires
      Tapis de ficaire le long d’un chemin
      Pulmonaires

      Les pulmonaires sortent généralement de terre quelques semaines plus tard. Leurs feuilles sont facilement reconnaissables à leurs taches blanches. Leurs fleurs sont de couleurs variables en fonction de leur maturité, elles oscillent entre le bleu et le pourpre. Cela permet de renseigner les insectes qui les pollinisent sur leur degré de maturité. Bientôt les herbes vont monter à hauteur des genoux, les arbres vont retrouver leurs feuilles. Les ficaires et les pulmonaires auront profité de leur précocité pour être seuls sous les derniers rayons de soleil de l’hiver. Ces quelques photos prises par une belle journée ensoleillée de mars permettront d’en garder un souvenir en attendant de les retrouver l’année prochaine.

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    • Vivre au milieu des plantes

      Publié à 17 h 23 min par Antoine Bocheux, le Mai 8, 2023

      Nous l’oublions souvent, notre vie serait impossible dans un monde sans plante. C’est une lapalissade que de le rappeler, nous mangeons des plantes ou des animaux qui ont mangé des plantes. Elles sont capables de transformer l’air, l’eau et les sels minéraux contenus dans l’eau en matière vivante. En absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène elle rendent respirable l’atmosphère dans laquelle nous baignons. Au cœur de l’anthropocène nous l’oublions facilement. Nous pensons avoir le monopole de la capacité à transformer la terre pour la rendre favorable à notre espèce. Les plantes l’ont déjà fait depuis longtemps et continuent à le faire : en changeant la composition de l’atmosphère, en étant les piliers des sols vivants qui rendent la vie terrestre possible. Avec l’anthropocène les transformations sont beaucoup plus rapides et infiniment moins durables. D’ailleurs la principale source d’énergie rendant possible ces bouleversements est la combustion du charbon… issu des restes de troncs d’arbres ayant poussé il y a des centaines de millions d’années qui n’ont pas pu être décomposés par les champignons car ils ont été immergés sous l’eau.

      Ces plantes fixes qui ne font pas de bruit finissent par faire parti du décor. Nous ne faisons plus forcément le lien entre elles et l’air que nous respirons ou la nourriture que nous achetons au supermarché. Pour mieux les appréhender il nous manque peut-être l’occasion de vivre lentement. Pour les regarder, les sentir, les toucher et dans certains cas les goûter. Les voir changer et modeler les paysages avec leurs troncs, leurs rameaux, leurs feuilles et leurs fleurs. Quelques jours de vacances dans le bocage de Gatîne représentent une occasion favorable pour tenter l’expérience. Ici les tracteurs sont imposants, les parcelles parfois immenses mais il reste encore des kilomètres de belles haies champêtres. On y trouve encore de vieux arbres, ce qui devient malheureusement de plus en plus rare. Le contraste est saisissant avec les plaines céréalières voisines où les arbres ne sont pas mélangés aux cultures.

      Des haies hautes avec de grands arbres, des chênes, des charmes, des frênes, des châtaigniers. Des kilomètres de lisières entre les arbres et les parcelles agricoles. Des petites routes et des chemins de terre qui invitent à de longues marches à l’ombre des arbres. Il fait bon de marcher sous ces tunnels de verdures, à l’abri des excès du soleil et du vent. Sous les arbres prospèrent, en ce début de mois de mai, une grande variété de plantes en fleurs. A la lisière entre les prairies et les bois on y trouve un mélange de plantes de ces deux milieux. Les jacinthes des bois forment des tapis bleu comme dans les sous bois, les asphodèles se distinguent par leur hauteur et les nervures brunes sur leurs sépales. Les fleurs rouges de l’oseille et le jaune des boutons d’or rappellent pour leur part les prairies voisines. Cette vie végétale attire une riche vie animale. Il suffit de se pencher sur les fleurs pour croiser des insectes en train de butiner… ou de manger des feuilles. La symbiose et le parasitisme sont à portée de vue. Plus haut, les oiseaux chantent. Difficile de compter combien d’oiseaux vocalisent en même temps dans ce flot de sons continus. Il ne s’arrête que quand les arbres ne sont plus là. Ils sont faciles à entendre mais difficiles à voir. Quel contraste avec les plantes qui se laissent approcher par qui veut bien prendre le temps de s’arrêter.

      Au printemps, le regard est attiré par la profusion de couleurs des fleurs. Profusion de formes également si l’on les regarde attentivement. Étape par ailleurs indispensable pour mettre un nom sur les plantes que l’on croise à l’aide d’une flore. La fleur est l’interface des plantes immobiles avec l’extérieur. Pour se reproduire en mélangeant leurs gènes, elles ont besoin du vent et des insectes. Elles adaptent leurs formes et leur taille pour cela. Petites et nombreuses certaines fleurs comme celles des graminées misent sur le nombre pour être transportées par le vent, moyen de locomotion dont la fiabilité est aléatoire. D’autres confient le transport de leurs pollens aux insectes. Elles les attirent avec des couleurs chatoyantes et un précieux liquide sucré : le nectar. En butinant de fleurs en fleurs ils déposent immanquablement le précieux pollen sur les fleurs voisines. Il suffit de se baisser pour regarder de près une fleur, pour assister à ce spectacle. Spectacle qui malheureusement n’existe plus dans les mornes plaines céréalières dépourvues de fleur. Sans arbre moins d’oiseaux, sans fleurs plus d’insectes pollinisateurs. La vie des humains continue mais elle devient moins douce et plus vulnérable.

      Dans les bois l’ambiance est différente, la lumière plus diffuse, la flore moins variée. Les arbres plus hauts poussent vers le ciel pour occuper une place exposée à la lumière au lieu de s’étaler paisiblement au dessus des routes et des champs dans le bocage. Ils ne retrouvent ce port qu’au bord des rivières, qu’ils recouvrent de leurs ombres comme un chemin dans le bocage. C’est les vacances, un temps pour vivre lentement, alors pourquoi ne pas s’arrêter, s’asseoir sur un rocher au bord de la rivière et fermer les yeux. Ici, au bord de l’eau, sous les arbres, immergés dans l’air humide et les chants des oiseaux, on peut ressentir l’air qui circule dans les feuillages et se mélange à l’eau pour capter la lumière du soleil et créer la vie.

      Pour aller plus loin

      Emmanuele Coccia, la vie des plantes ; une métaphysique du mélange, Bibliothèque Rivages, 192 pages, 2018

      Marc André Selosse, l’origine du monde ; une histoire naturelle des sols à l’attention de ceux qui les piétinent, Actes Sud, 485 pages, 2021

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    • Quand le « beau » temps inquiète

      Publié à 17 h 23 min par Antoine Bocheux, le mars 5, 2023

      Au fil des ans, sournoisement, les conséquences du changement climatique prennent de plus en plus de place dans nos vies. L’hiver, elles se font moins sentir que l’été. Il n’y a pas cette chaleur étouffante qui colle à la peau. S’il fait moins froid comme à Noël 2022, la hausse des températures donne une douceur agréable. Moins de froid, plus de ciel bleu, peuvent paraître agréables à ceux d’entre nous qui ne regrettent ni la neige ni les sports d’hiver qui vont avec. Mais une menace plane au-dessus de ce ciel bleu.

      Pour utiliser une métaphore commune, il serait tentant d’écrire qu’un nuage noir plane au-dessus de nos têtes. Mais cela serait un contre-sens ; le risque qui plane au dessus de nos têtes, c’est la sécheresse. Contrairement à ce qu’indique le sens commun, le nuage noir et la pluie qui va avec seraient une délivrance. On peut aimer ou ne pas aimer le ciel bleu et le temps sec, la sécheresse nous concerne tous. L’eau est nécessaire pour nos besoins domestiques quotidiens, mais aussi et avant tout parce que sans eau il n’y a pas d’agriculture possible.

      Si dans le langage courant nous parlons de « beau » temps pour décrire un ciel bleu sans pluie et sans nuage, et de nuage noir pour évoquer un mauvais présage, c’est probablement parce que pendant des siècles nous avons connu un climat relativement stable où les récoltes étaient beaucoup plus souvent réduites par un manque d’ensoleillement et un excès de pluie que par la sécheresse. On parlait d’été pourri pour décrire un été trop arrosé. Parlera-t-on demain de « chape de plomb anticyclonique » pour évoquer une longue période sans précipitation ? Difficile de prévoir l’avenir. Dans tous les cas, ce qu’il s’est passé cet hiver avec 32 jours consécutifs sans pluie est inédit1. Peut-être que le printemps sera pluvieux et que tout s’arrangera ? Impossible de faire des prévisions. Ce qui est sûr, c’est que l’inquiétude est là. La pluie tombe moins souvent, moins régulièrement et quand elle tombe, c’est souvent sous forme de déluge. Après avoir vécu pendant des siècles avec la certitude tranquille qu’elle tomberait toujours avec régularité, nous avançons vers un futur incertain.

      Au milieu de cette incertitude climatique, des repères restent. La longueur des jours augmente. Malgré le froid persistant, elle annonce la fin de l’hiver. Plus visible encore, les fleurs sont de retour. En 2023, elles sont arrivées avec quelques semaines de retard par rapport à 2022. Les ficaires avec leurs fleurs jaunes et leurs feuilles en forme de cœur. Le lamier pourpre, dont la belle couleur contraste avec le vert des pelouses. Du bleu avec les petites véroniques de Perse. Du jaune encore avec quelques pissenlits isolés, et plus fréquemment des séneçons commun . Le tapis jaune qu’ils forment par endroit amène des couleurs vives réconfortantes.

      Malgré les écarts de température, passant en quelques jours de la douceur au gel, malgré le manque de pluie, elles sont bien là fidèles au rendez-vous du printemps. Elles se contentent de peu. Juste un peu d’eau et un peu de lumière. Avant que la concurrence pour accéder à la lumière ne soit trop rude, elle occupent le terrain en premier. Elle n’ont pas besoin de monter haut pour la trouver. Elles sont petites, ce qui les empêchent pas d’avoir des couleurs éclatantes. Et des formes complexes que l’on découvre quand on prend le temps de se baisser pour les regarder

      Lamier pourpre
      Fleur de Ficaire
      Feuille de ficaire
      Séneçon Commun
      Pissenlit
      Véronique de Perse

      Elle fleurissent vite, au ras du sol, leurs fleurs donnent rapidement de nouvelles graines qui attendront patiemment le printemps prochain à l’abri du sol. Peu importe pour elles les risques de sécheresse ou de déluge qui planent sur les autres plantes qui arriveront plus tard dans la saison. Elles auront déjà bouclé leur cycle annuel.

      1https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/climat/secheresse-32-jours-sans-pluie-en-france-record-battu

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    • Rêveries bourgeonnantes

      Publié à 13 h 51 min par Antoine Bocheux, le avril 30, 2022

      Rêver est presque devenu un luxe au milieu de l’agitation et des tragédies qui nous entourent. Passer quelques minutes sous un arbre. Le regarder, laisser vagabonder ses pensées. Tout cela ne va pas de soi. Pourtant, c’est simple, les arbres sont là autour de nous. Avec le printemps, même sans leur prêter attention, on se rend plus ou moins compte qu’il se passe quelque chose. Les paysages verdissent, sous les feuilles la lumière du soleil est de nouveau filtrée .

      Cela s’est passé vite, en quelques semaines. Quand le passant peu attentif finit par s’en rendre compte, il a déjà manqué une partie de l’histoire, le débourrement. Pour lui, c’est comme si du jour au lendemain les marrons et les gris des écorces, couleurs de l’hiver, étaient remplacées par le vert, couleur du printemps.

      Le rêveur, lui, attend ce moment avec impatience et lève les yeux vers les branches tous les jours. Juste pour voir s’il se passe quelque chose. Il le sait, quelque chose va se passer. Il s’imagine que, déjà peut-être, la sève s’est remise à circuler dans le tronc de l’arbre. Un laps de temps de deux semaines s’écoule entre la reprise de la circulation de la sève et l’ouverture des bourgeons. Exceptionnellement, la sève brute, celle qui monte du sol vers le ciel, est chargée de sucres stockés dans les racines et le tronc de l’arbre. Il faut bien alimenter la croissance des feuilles avant qu’elles ne puissent commencer à produire elles même leurs propres sucres avec la photosynthèse.

      Les jours passent et il ne se passe rien. Ou presque. Imperceptiblement, la taille des bourgeons semble légèrement augmenter. Comme s’ils gonflaient. De loin rien ne change, toujours les teintes sombres et monochromes de l’hiver Il faut vraiment s’approcher pour s’en rendre compte, mais autant être attentif, si l’on rate une étape, il faudra attendre un an pour avoir une chance de la revoir. Et puis, un jour, on se rend compte qu’un petit bout de vert commence à sortir d’un bourgeon. Cette fois nous y sommes, l’arbre change, on peut constater son évolution de jours en jours. De plus en plus de bourgeons débourrent. Parfois l’on peut apercevoir la bourre blanche qui les a protégé du froid pendant l’hiver. Ils débourrent, ils éclosent pourrait-on dire. Il en sort de petites feuilles délicates comme des fleurs. D’ailleurs, sur certains arbres comme les pommiers ou les poiriers, les fleurs sortent avant les feuilles transformant les arbres en bouquets de fleurs géants. D’autre comme les chênes ont des fleurs plus discrètes. Pendant quelques jours, le vert tendre des jeunes feuilles se distingue à peine au milieux du marron de l’écorce. Les arbres sont en même temps morts et vivants. Cette faculté dont le botaniste Francis Hallé s’émerveille dans son plaidoyer pour l’arbre est saisissante. Le marron du bois en partie mort contraste avec le vert tendre des feuilles qui viennent de naître. C’est le secret de l’arbre pour durer. Des cellules mortes transformées en bois pour assurer sa rigidité, l’accès à la lumière, le stockages des sucres, pour transporter sa sève. Et de nouvelles cellules qui depuis les bourgeons s’étalent sur cette ossature de bois pour former de nouvelles branches, de nouvelles feuilles et des fleurs. Du neuf qui s’additionne à du vieux ; une croissance additive.

      Les jours passent, le rêveur continue de lever les yeux vers les bourgeons en train d’éclore. Parfois, il a le sentiment que les bourgeons qui grandissent sur les branches sont comme des graines qui germent sur le sol. Au même moment, mais chacune indépendantes les unes des autres. L’arbre fait alors penser à une colonie dont les individus sont les bourgeons alors que le socle est l’ossature en bois et son prolongement racinaire. Ce socle donnant aux bourgeons de nombreux avantages sur les graines. Accès aux réserves de sucres emmagasinées dans les racines et le tronc, accès à la lumière, accès à l’eau. Ces bourgeons portés par un socle commun sont-ils les parties d’un individu ou une colonies d’individus collaborant ensemble ? Peut-être un peu des deux en même temps.

      Au fil des jours les feuilles se font de plus en plus denses. Les traces des bourgeons disparaissent. En étant attentif il reste encore possible de voir des restes de leur écailles à la base des nouvelles tiges. A ce moment là, il devient bien visible qu’il ne sort pas seulement des feuilles des bourgeons mais bien des tiges qui se transformeront en branches. Bientôt ces indices disparaîtrons. Discrètement, de nouveaux bourgeons vont se former en prévision du printemps suivant. Mais c’est une autre histoire.

      Pour aller plus loin

      Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, Actes Sud, 215 pages, 2006

      Catherine Lenne, Dans la peau d’un arbre ; secrets et mystères des géants qui vous entourent, Belin, 498 pages, 2021,

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    • La nature au printemps : une envie de partage

      Publié à 19 h 20 min par Antoine Bocheux, le février 27, 2022

      En cette fin février les jours rallongent, le soleil se montre plus souvent. Ces premiers rayons de soleil, les mimosas ou les jonquilles en fleur. Autant de plaisirs que l’on a souvent l’occasion de partager au fil des conversations. Ce blog est l’occasion d’en partager d’autres, plus discrets et pourtant proches de nous. Le week-end, le rapport au temps est différent, il est possible de flâner et de regarder la nature autour de nous. Discrète et pourtant bien là. Dans les parcs en ville, le long des petites routes, des chemins de terre, dans les prairies, à la lisière des bois dans cette ceinture pavillonnaire autour des villes que l’on appelle péri-urbain.

      Ce qui semble fixe en découvrant un lieu pour la première fois se met en mouvement en y revenant régulièrement. Avec l’hiver pendant des mois rien ou presque n’a changé. Les arbres ont perdu leurs feuilles et puis plus rien ou presque. La végétation s’est figée pour quelques mois. Il y a bien eu dès le mois de janvier le spectacle des noisetiers en fleurs et quelques petites fleurs jaunes, des ficaires. Mais dans l’ensemble la végétation restait immobile.

      Après une semaine de redoux et de la pluie, un samedi, l’inattendu est arrivé. Je marchais, pour le plaisir de marcher en laissant vagabonder mes pensées, en m’attendant à retrouver les mêmes paysages que la semaine précédente. Pourtant, la couleur du vert de l’herbe avait changé, elle était un peu plus haute. En regardant de plus près, je remarquai des formes familières que je n’avais pas vues depuis des mois. Je distinguai de jeunes pousses d’orties et quelques feuilles de renoncules qui égermaient. Les ficaires étaient plus nombreuses, parsemant ça et là le bord des chemins de taches jaunes. Les premières pulmonaires étaient en fleurs, amenant une touche de mauve. En baissant les yeux sur les bas côtés, ce changement était saisissant.

      Ficaires et pulmonaires

      Sans intervention humaine, nous étions passés d’une végétation rase et uniforme à une diversité de formes de feuilles parsemée ça et là de taches de couleurs. Après avoir passé l’hiver dans le sol, les graines germaient et donnaient naissance à un nouveau microcosme. Ce qui semblait figé se mettait en mouvement. Il suffisait d’avoir le temps de flâner et de baisser le regard pour être le spectateur de ce changement. Même en gardant les yeux fixés à l’horizon, il était impossible de manquer le splendide prunellier formant une grosse boule d’un blanc immaculé.

      Prunellier en fleur

      L’imprévu donnait encore un peu plus de charme à la situation avec la rencontre inopinée avec un rouge gorge. Je m’arrêtai, il me regardait. Je me baissai lentement, je sorti mon appareil, il ne bougeait pas. Je zoomai, je cadrai, il me regardait toujours. La photo n’est pas bonne mais c’est le souvenir d’un rencontre avec un animal libre chez qui la curiosité de me regarder l’a probablement emporté sur la peur qu’inspire l’homme à la plupart des animaux sauvages. Parfois avec un peu de chance, des gestes lents et doux, arrivent ces rares et précieux moments où nos regards se croisent quelques minutes.

      Rouge gorge

      Pourquoi vouloir partager ces plaisirs simple de la vie. Peut-être pour vous faire passer quelques minutes agréables en vous montrant mes photos. Mais elles n’ont rien de remarquable. Ce que j’aimerais partager c’est le plaisir que je prends à passer quelques heures à observer la nature « ordinaire ». Pour le bien être que cela amène. Pour oublier, pour quelques heures, les soucis du quotidien, les mauvaises nouvelles et les tragédies dont les médias se font l’écho. Pour avoir envie de tondre moins souvent au jardin et de laisser fleurir ces graines spontanées qui ne lèvent pas seulement au bord des chemins mais aussi dans nos jardins. Parce qu’en observant la nature autour de soi on comprend mieux combien les fleurs, les arbres, les oiseaux et les insectes qui vivent autour de nous sont précieux. Peut-être que si nous étions nombreux à prendre le temps de les regarder nous serions plus en paix avec nous nous même et aurions envie de faire plus pour leur laisser un place. C’est un rêve, à la fois réaliste et utopique. Simplement laisser plus d’espace à la nature pour s’exprimer librement et avoir un peu de plus de temps pour prendre du plaisir à l’observer.

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    • Des insectes et des fleurs

      Publié à 15 h 03 min par Antoine Bocheux, le juin 12, 2021

      En ce début juin, les petits matins frais sont derrière nous. Les chaleurs ne sont pas encore trop écrasantes, la pluie continue de tomber. Autant de conditions propices à l’exubérance des plantes. Certains petits chemins serpentant dans les bois commencent à se refermer. S’ils n’étaient pas entretenus, la végétation y reprendrait vite ses droits. Dans les prairies, la masse monochrome des graminées contraste avec les couleurs des fleurs. Comme un aimant, elles attirent le regard. Du blanc, du rose, du mauve, du jaune. Les couleurs de la nature évoquent la palette d’une peintre. Ce tableau n’est pas figé. Le vent, les nuages qui filtrent la lumière du soleil, le font évoluer par petites touches.

      Après avoir contemplé l’ensemble, vient l’envie de se baisser et de regarder les fleurs de plus près. On cherche les fleurs, presque à tous les coups, on trouve aussi les insectes. Ce n’est pas un hasard. Les insectes pollinisateurs zigzaguent de fleurs en fleurs. Ils butinent le nectar avec délectation. Pour aller s’en abreuver, ils accrochent quelques grains de pollen qu’ils transportent de fleur en fleur. Une belle symbiose. Les insectes s’y nourrissent de nectar riche en sucres et de pollen riche en protéines. Les plantes ont trouvé dans les insectes un moyen de transport précis pour transporter leur précieux pollen.

      Cette symbiose est également agréable aux yeux du promeneur. Les fleurs se parent de leurs plus belles couleurs et prennent des formes variées pour attirer leurs pollinisateurs. Elle est également bénéfique pour sa santé. Pour transporter leur pollen, les graminées se passent du service des pollinisateurs. Leur fleurs sont microscopiques et ternes. Elles n’ont pas besoins d’être visible des insectes. Elle utilisent un moyen de transport à la fiabilité aléatoire, le vent. Pour pallier ce risque elles émettent de grandes quantités d’un fin pollen qui peut provoquer des allergies. Cette symbiose fleurs, pollinisateurs nous avons, nous aussi, tout à y gagner. N’oublions pas non plus que les pollinisateurs sont aussi indispensables pour nos fruits et légumes.

      En se penchant pour regarder de près une fleur on ne voit pas que des symbioses entre les insectes et les plantes. Il y a aussi du parasitisme comme en témoignent les feuilles à moitié dévorées. Même les piquantes feuilles d’ortie ne sont pas épargnées. Ces insectes mangeurs de feuilles sont souvent camouflés, prenant la couleur verte des feuilles qu’ils dévorent. Les pucerons se laissent plus facilement repérer. Ils sont petits mais nombreux, affairés à sucer la sève de la plante sur laquelle ils sont posés. Pas loin des pucerons, une coccinelle attend en embuscade, prête à en dévorer quelques uns. Si elle n’est pas elle même chassée par des fourmis qui protègent les pucerons … dont elles « traient » le miellat.

      Parasitisme, prédation et même élevage, une simple tige est déjà un monde en miniature. Miniature à notre échelle, mais grands espaces à l’échelle des insectes. La macro photographie permet parfois de saisir leur regard. Pour eux, les tiges sont ce que sont à notre échelle les troncs des grands arbres d’une forêt primaire et les ombelles des fleurs un vaste houppier.

      Quand on se penche dans une prairie à la belle saison on constate à quel point les fleurs sont importantes pour la biodiversité. Pas de fleurs, pas de pollinisateurs. Le lien est saisissant, on comprend mieux pourquoi il est indispensable de préserver des prairies et des bandes enherbées pour les protéger.

      La beauté des fleurs attire notre regard. Elle n’est pas superficielle. Derrière elle se cache une belle symbiose, un concentré de vie. Et la promesse de nouvelles générations de plantes.

      Posté dans Nature | 2 Commentaires | Tagué Insectes, Nature, Photos, prairie, Printemps
    • Quand les arbres se remettent en mouvement

      Publié à 20 h 24 min par Antoine Bocheux, le mars 21, 2021

      Depuis le 20 mars nous avons changé de saison pour rentrer dans le printemps Nous quittons les longues nuits d’hiver pour rentrer dans une période où les jours sont plus longs que les nuits. 20 mars, 19 mars, 18 mars. La végétation semble la même, un changement est difficilement perceptible. Les plantes semblent immobiles. Cette immobilité n’est qu’une illusion. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les arbres. Le 1er mars leurs silhouettes sont encore complètement dénudées comme un dessin à l’encre de Chine. Dans les premiers jours de mars, les premières feuilles apparaissent sur les arbustes. C’est le retour du vert tendre des feuilles dans la palette de couleurs de la nature. Les jours passent et les arbres semblent toujours figés.

      Les premiers bourgeons des arbres commencent à éclore

      Au bord des chemins, le mouvement est perceptible de semaines en semaines, les fleurs continuent d’amener des taches de couleur. Malgré des températures parfois plus fraîches qu’en février, l’allongement de la durée des jours est propice à leurs éclosions. Les stellaires holostées amènent une touche de blanc sur les talus où elles poussent en abondance. Le jaune des ficaires et le bleu des pulmonaires sont toujours présents en abondance. Le rose fait timidement son retour avec les premières fleurs d’oseilles sauvages et de géraniums Herbe à Robert. Près des fossés, les feuilles sont de plus en plus variées et laissent deviner l’exubérance de la végétation qui nous attend en avril et en mai. Les feuilles en forme d’étoile des boutons d’or sont déjà nombreuses. Les premières feuilles de bardanes, rugueuses et épaisses font leur apparition. C’est toujours avec plaisir que je froisse la première feuille de berce de l’année pour retrouver son odeur caractéristique, très puissante et difficilement descriptible. Un étonnant mélange de panais et noix de coco. Derrière l’uniformité du vert des feuilles, se cache une infinie diversité, de formes, de textures et d’odeurs.

      Au cours du mois, les journées passent et la durée des jours s’allonge. Et puis, un jour, en levant les yeux au ciel, une tâche de couleurs fait sans crier gare son retour dans les houppiers de certains arbres. Les houppiers sont hauts, difficile de voir exactement ce qui se passe depuis le sol. Pour cela je me rends à la lisière d’une prairie et d’un bois. Le 20 février tout semblait immobile ici, hormis les fleurs de noisetiers dont l’exubérance détonnait avec le vert uniforme de la prairie et les arbres dégarnis. Le 20 mars changement de décor : la prairie est recouverte de cardamines des prés et les premières feuilles de charme commencent à capter la lumière du soleil. Avec leurs délicates fleurs blanches et roses, les cardamines sont un régal pour les yeux. Pour le palais aussi, ces fleurs me rappellent le souvenir d’une journée plantes sauvages et comestibles avec les Jardins D’Isis. L’occasion de découvrir que leur saveur pimente agréablement les salades.

      En lisière du bois, j’ai tout le temps de regarder de plus près les bourgeons des charmes et des chênes. Les tâches vertes que j’ai vu tout à l’heure sont celles de charmes fraîchement débourrés. Les bourgeons des chênes commencent à gonfler, mais leurs écailles restent fermées.
      Observer à hauteur d’homme le débourrage des bourgeons de charme est un moment privilégié. Comme une boîte à bijoux, ils s’ouvrent pour libérer leur trésor. Enroulés tout l’hiver à l’abri de leurs coffrets d’écailles, de petites feuilles et de petites tiges commencent à s’étirer vers la lumière. Ce moment éphémère où le pétiole d’une jeune feuille vert tendre est encore recouvert par les écailles du bourgeon qui l’ont protégé tout l’hiver permet de visualiser avec notre perception limitée le mouvement des arbres. Les feuilles, les tiges, les fleurs, tout est déjà là en miniature dans le bourgeon en train de s’ouvrir, prêt à grandir et s’étirer vers la lumière du soleil.

      • Le débourrage d’un charme
      • Gros plan sur l’éclosion d’un bourgeon de charme
      • Cardamine des prés
      • Stellaire holostée
      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, botanique, Nature, Photos, Printemps
    • Les fleurs de février, prémices du printemps

      Publié à 16 h 58 min par Antoine Bocheux, le février 21, 2021

      Décembre et janvier furent monochromes. Sous leurs lumières grises et blafardes, les silhouettes des arbres dénudés se détachaient. Dans les derniers jours de janvier, une première tache de couleur est apparue. C’était une ficaire, une petite renonculacée à la feuille en forme de cœur vert luisant. Son jaune vif et brillant contrastait avec la pâleur du vert de l’herbe et du bleu gris du ciel. Une petite touche de jaune, premier prémisse du printemps. Février arrive. Petit à petit, les bords des chemins reprennent des couleurs. Pas encore le feu d’artifice du printemps. Déjà de quoi attirer le regard vers les bas-côté, ralentir le pas et se baisser pour observer ces premières fleurs de l’année de plus près.

      En ce mois de février, les gelées sont encore fréquentes et tempèrent l’exubérance de la végétation. Le mince tapis de chlorophylle qui recouvre le sol n’est pas bien épais. Les ficaires ne mesurent que quelques centimètres. Cela ne les empêche pas de prendre leurs aises et de le surplomber. Le jaune de leurs fleurs brille de mille éclats au dessus de cette végétation assoupie où les orties ne sont encore que frêles pousses qui pointent à peine le bout de leurs piquants. Elles attendront des jours plus longs et ensoleillés pour grandir et fleurir. Les ficaires ont choisi une autre stratégie en fleurissant à contre-courant. Le temps est compté pour elles, mais l’espace est dégagé. Dans quelques semaines le jaune de leurs fleurs va s’estomper et ne sera plus qu’un souvenir.

      Début février les taches de couleurs sont encore rares. Alors, quand le regard croise la grosse boule jaune d’un ajonc en fleurs il est saisi par ce feu d’artifice de couleurs. A regarder sans modération; éviter de toucher : les épines sont vraiment piquantes ! Les jours passent, d’autres teintes entrent discrètement en scène. Le mauve des fleurs de pulmonaires égaye ça et là les abords des fossés. Elles émergent au-dessus de leurs feuilles tachetées. Elles sont rares et discrètes. L’inverse des véroniques de perse qui se plaisent dans les cultures et les potagers. La discrétion de leurs petites fleurs est compensée par leur nombre. Par endroit, elles forment une vaste mosaïque de points bleus qui recouvrent le sol. Combien de fleurs pour constituer ce patchwork. Des centaines ? des milliers ? Peut-être plus encore ?

      Le plus spectaculaire reste à venir avec la floraison des noisetiers. Leurs chatons, porteurs de millions de grains de pollens, font penser aux décorations sur les sapins de noël. La finesse en plus. En les regardant à la loupe, on parvient à distinguer les étamines des fleurs mâles qui pointent au bout de ces guirlandes suspendues sur les branches. Les fleurs femelles sont plus discrètes. Il faut s’approcher pour les distinguer ; une sorte de petit bouton brun coiffé d’un chapeau rouge.

      La fin du mois approche. Les fleurs de prunellier commencent à éclore, faisant apparaître ça et là des touffes d’une blancheur étincelante.

      L’apparition de ces premières fleurs est annonciatrice d’une nouvelle saison, d’un nouveau cycle. Le retour du cri puissant des grues cendrées nous rappelle que nous ne sommes pas les seuls à ressentir que le printemps approche. Au moment où le changement climatique modifie les cycles de la nature et le Covid les cycles de ne nos modes de vie, il est rassurant de voir le cycle des saisons se perpétuer. L’an dernier les noisetiers, à cause de la sécheresse, ont perdu une partie de leurs feuilles dès le mois de juillet. Il est réconfortant de les retrouver resplendissants. Quant à nous Homo Sapiens, peut-être pas si sage que ça, nous nous préparons à vivre un deuxième printemps avec un nouveau prédateur qui nous menace : le Covid. La présence de ce virus nous oblige à faire évoluer nos modes de vie. Comme les mésanges qui changent leur période de reproduction pour s’adapter au changement climatique ou les chevreuils qui quittent les bois la nuit pour se nourrir dans les milieux ouverts que nous avons créés. Autant d’exemples tirés du numéro de la revue Salamandre de février 2021 qui titre « l’évolution sous nos yeux ». Le cycle des saisons, lui, continue son cours. Il nous apporte au moins une certitude : la durée des jours va s’allonger et le printemps approche !

      • Ficaire
        Ficaire
      • Ficaire
        Ficaire
      • Pulmonaire
        Pulmonaire
      • Fleur de noisetier mâle
        Fleur de noisetier mâle
      • Fleur de noisetier femelle
        Fleur de noisetier femelle
      • Le retour des grues cendrées
        Le retour des grues cendrées
      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Bonatique, Nautre, Photos, Printemps
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