Les champs de mes rêves

Les champs de mes rêves
  • Archives
  • Nature
  • Présentation
  • Accueil
  • Articles
  • Tag: photo

    • La fin de l’insouciance estivale

      Publié à 17 h 56 min par Antoine Bocheux, le septembre 14, 2025

      Il pleut en ce début septembre. Pour moi c’est un soulagement, je présume que je ne suis pas le seul. Après deux mois et demi sans pluie significative, je me demandais jusqu’où irait cette sècheresse qui n’en finit pas. D’abord une première canicule fin juin (16 jours ). Heureusement le printemps avait été pluvieux, le sol était gorgé d’eau ce qui a permis aux arbres de passer sans dommage visible cette première vague de chaleur et de tenir jusqu’au début du mois d’août. En regardant plus attentivement on pouvait déjà observer que les feuilles se recroquevillaient, signe de la fermeture de leurs stomates pour évaporer moins d’eau. Donc pomper moins d’eau dans le sol mais aussi réduire leur photosynthèsei.

      Il n’a presque pas plu en juillet, seulement quelques orages secs et de petites averses tellement insignifiantes qu’elles n’ont même pas permis à l’herbe de reverdir. C’est dans un état de sècheresse avancée des sols que les arbres ont du affronter la seconde canicule en aout (11 jours). Plus courte mais plus chaude que celle de juin avec plusieurs pointes au dessus de 40 degrés. L’effet a été spectaculaire. Les arbres, mêmes les plus grands, les plus vieux, les mieux enracinés ont commencé à perdre une partie de leurs feuilles. Sans jaunir ou rougir comme en automne. Elles tombaient au sol en quelques jours. Résultat : les arbres pompent encore moins d’eau dans le sol, mais ils réduisent encore plus leur photosynthèse. C’est autant de réserves de sucres qu’ils ne ne pourront pas faire pour le printemps prochain. Cela les rend plus vulnérables aux maladies.

      Il n’y a pas que les arbres qui ont souffert des canicules. Elles ont également éprouvé les êtres humains. On peut écrire sans prendre trop de risque que pendant 27 jours l’adaptation à cette chaleur inhabituelle a fait partie des préoccupations principales des français. 27 jours pendant lesquels la vie a été plus compliquée. Que faire quand il ne suffit plus d’aérer la nuit et fermer les volets le jour pour faire baisser la température de son logement. Quand même en vivant dans le noir, il fait plus de 30 degrés dans sa chambre, comment dormir normalement ? La climatisation devient la seule solution pour conserver un peu de fraîcheur. Avec la chaleur qui devient pesante et le soleil brûlant l’organisation des journées change : on sort le moins possible pour ne peut pas s’exposer. Même en vacances, même à la plage il fait trop chaud. Il faut se lever à l’aube pour profiter d’une marche dans la nature.

      Pour constater un spectacle de désolation. Toute la végétation est jaune, les arbres perdent leurs feuilles. Il ne reste plus de fleurs sauvages à observer. La vie végétale semble encore plus à l’arrêt qu’en plein hiver. Il faut chercher dans les fossés pour trouver un semblant de vie et avec ça et là un pied de menthe qui fleurit péniblement. Les images champêtres de campagnes verdoyantes ne sont plus qu’un lointain souvenir du printemps. Ou de temps anciens, quand été ne rimait pas systématiquement avec sécheresse et canicule. Une époque, pas si lointaine, où il était courant de voir de l’herbe verte et des fleurs au mois d’août. L’été était alors une saison d’insouciance. Nous étions à l’abri du froid. La chaleur était parfois gênante l’après midi, ce qui n’avait rien d’inquiétant quand la fraîcheur revenait toujours la nuit et le matin. Il faudra s’y faire le climat change ; même à l’abri de nos cocons nous ne pouvons pas l’ignorer.

      Les statistiques sont têtues, les climatologue nous mettent en garde. Si la canicule de 2003 était statistiquement improbable, il y avait déjà une chance sur six de subir celles de 2025. En en 2050, l’été 2025 nous semblera fraisii. L’été devient petit à petit une saison inquiétante avec une probabilité qui augmente d’année en année de subir canicule, sécheresse et feux de forêts. Été après été la face sombre du réchauffement climatique entre dans nos vie.

      La pluie de septembre est donc arrivée comme un soulagement, nous sommes plus statiquement à l’abri d’une canicule en septembre. L’herbe redevient verte, les arbres reprennent leur photosynthèse avec leurs dernières feuilles dont les stomates s’ouvrent de nouveau. Ils retrouvent un aspect presque normal. Et les fleurs sauvages sont de retour comme cette magnifique Mauve sylvestre (Malva sylvestris) photographiée le 5 septembre .

      ihttps://www.mnhn.fr/fr/actualites/pourquoi-les-feuilles-tombent-elles-plus-tot-cette-annee

      iihttps://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-26-aout-2025-4269750

      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, botanique, Changement climatique, Nature, photo
    • Rencontre inattendue avec un chevreuil

      Publié à 15 h 58 min par Antoine Bocheux, le février 6, 2021

      Le monde des photographies animalières sur papier glacé semble parfois lointain et inaccessible. Ces images féeriques servies sur un plateau sont-elles vraiment réelles ? La nature existe-t-elle encore en dehors des réserves ? D’ailleurs savons nous encore ce qu’est la nature ? Pour la trouver, il n’est pas nécessaire d’aller au bout du monde. Simplement, marcher le long des chemins et prendre son temps. Apprendre à regarder, à écouter, à sentir, à toucher. Le monde des plantes se dévoile alors petit à petit. Il faut du temps pour apprendre à les observer, s’éloigner des villes et des vastes étendues de monocultures. Avec ses chemins creux, sa mosaïque de prairies, de champs et de bois, le bocage est un lieu privilégié pour l’observer. Les vacances sont l’occasion de se détacher des écrans et de marcher lentement. Suivre le fil rouge des chemins pour déambuler dans ce labyrinthe entre les clochers et les hameaux. Et parfois, avoir la chance de faire des rencontres impromptues avec les animaux.

      Une de ces rencontres me revient en mémoire. C’était dans le bocage de la Gatîne dans les Deux-Sèvres. Le temps était anormalement pluvieux pour un mois de juin. La végétation resplendissait grâce à cette pluie bienfaisante. Après avoir marché toute la journée, je profitais des dernières heures du jour pour continuer à flâner sur les chemins. Il avait beaucoup plu l’après midi. Après les averses, j’avais eu la chance d’admirer un bel arc en ciel. Autour de moi les plantes étaient partout. Les digitales pourpres formaient de belles tâches rouges visibles de loin. En m’arrêtant pour les photographier, j’avais longuement observé des bourdons s’engouffrer à l’intérieur. Plus loin, je me demandais quel animal pouvait bien loger dans le tronc creux d’un vieux trogne.

      Les plantes étaient exubérantes, les animaux discrets. J’entendais le chant des oiseaux sans les apercevoir. Sous les averses, je croisais des escargots et des limaces qui se hasardaient à traverser le chemin. En me baissant pour observer de plus près les fleurs, je découvrais une profusion d’insectes que je n’aurais pas imaginée si je ne m’étais pas baissé. La nature était bien là autour de moi, dans le long couloir formé par les haies à la lisère des champs et des chemins. Il suffisait de prendre le temps de mettre mes sens en éveil. Elle était différente de celle que l’on découvre en photo ou dans les documentaires où les grands animaux tiennent souvent une place prépondérante. Je n’espérais pas les croiser. J’imaginais qu’ils pourraient être là, mais je les pensaient trop craintifs pour espérer croiser leur regard sans me camoufler pendant des heures sous un affût.

      Je continuais à observer les arbres les fleurs et les insectes. Je cherchais des ouvertures derrière la végétation, curieux de découvrir les champs et les prairies abrités du regard par les haies. Tout à coup, en entrant dans une prairie je me suis retrouvé nez à nez avec un chevreuil. Nous sommes restés tous les deux figés un court instant, aussi surpris l’un que l’autre par cette rencontre impromptue. Et fugace… Je n’ai pas pu retenir un mouvement brusque qui a anéanti tout espoir de la prolonger. J’ai continué ma flânerie crépusculaire en prenant soin de ne pas avoir de mouvement brusque au moment de m’aventurer à l’entrée d’une nouvelle parcelle. Les minutes passent, je ne vois plus l’ombre d’un chevreuil. Au moment où je n’y crois plus, surpris, je me trouve de nouveau face à un chevreuil. Cette fois, il est plus loin de moi. Je reste immobile. Je prends le temps de l’observer. Tous mes sens sont en éveil, attentifs à mes mouvements comme aux siens. Les minutes passent, il continue de m’observer, impassible.

      La scène me semble presque irréelle. Une haie, un chemin, un champ de blé. A l’horizon, le hameau où se trouve le gîte où je loge. Ce paysage familier prend une autre dimension. Une face cachée de la nature se dévoile à moi. L’émotion est forte. Le temps est comme suspendu, je sens le caractère éphémère et fugace de cette rencontre. Pendant de longues minutes, je reste immobile, je n’ose pas bouger. Au bout d’un moment, je ne résiste pas à la tentation. Avec d’infinies précautions je sors mon appareil. Il continue à me fixer sans bouger. J’ai le temps de prendre plusieurs photos au téléobjectif. Je m’avance doucement, il ne bouge pas, je reprends quelques photos. Je continue … et il s’enfuit, disparaissant avec légèreté dans le champ de blé. La nuit va bientôt tomber, il est temps de rentrer. Je reprends le fil des chemins en pensant à lui. Il est peut-être à quelques mètres de moi, caché derrière une haie. Cette pensée me réjouit et rend mes pas plus légers.

      Posté dans Nature | 1 commentaire | Tagué Nature, photo
    • Articles récents

      • La cellule : dénominateur commun du vivant
      • Cynorrhodons : des faux fruits dans l’hiver
      • Changement climatique : quand savoir ne suffit pas
      • Incomplétude heureuse
      • La fin de l’insouciance estivale
    • Catégories

      • Nature (42)
      • La Technique (16)
      • Histoire (8)
      • Agriculture (8)
      • Non classé (7)
      • Forêt (5)
      • Information (4)

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

  • S'abonner Abonné
    • Les champs de mes rêves
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Les champs de mes rêves
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…