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    • Changement climatique : quand savoir ne suffit pas

      Publié à 18 h 03 min par Antoine Bocheux, le novembre 30, 2025

      Certaines lectures donnent l’espoir d’échapper à l’actualité et son lot de mauvaises nouvelles. C’est ce que j’espérais en me plongeant dans la lecture de « les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre »i. Ce livre de vulgarisation scientifique écrit par le paléontologue Thomas Halliday plonge avec délice dans un voyage spatio-temporel. A partir des fossiles et autres indices conservés dans les roches, il imagine une description des paysages, de la flore et de la faune à différentes époques géologiques. Le voyage commence au pléistocène, au milieu des mammouths, il y a 20 000 ans et finit il y a 550 millions d’années dans les océans de l’édiacarien. Toute cette histoire peut sembler loin de nous, elle est pourtant brûlante d’actualité.

      Pendant ces 550 millions d’années, on compte 5 extinctions de masse dont certaines sont provoquées par de brusques changements climatiques … En particulier celle qui est survenu il y a 252 millions à la fin du permien : une gigantesque irruption volcanique en Sibérie a provoqué une forte concentration en CO2 et en méthane dans l’atmosphère. Et mis le feu à de gigantesques tourbières, ce qui a encore fait monter la concentration de gaz à effet de serre. S’en est suivi un réchauffement climatique rapide, une acidification des océans et l’extinction de 96 % des espèces. Difficile de ne pas voir de similitudes avec la situation actuelle !

      Thomas Halliday fait part de ces similitudes dans sa conclusion. Si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous nous dirigeons vers un climat jamais connu par le genre Homo. Il faut remonter à l’Eocène il y a 40 millions d’année pour s’en approcher. A cette époque, l’antarctique était recouvert de forêts. Il se montre malgré tout optimiste car nous sommes informés de la situation « le fait même que nous soyons en mesure de réfléchir à l’état de notre environnement, que nous disposons de la capacité de nous plonger dans le passé pour le comparer au présent est la raison pour laquelle nous pouvons rester optimiste »ii. Mais est-il suffisant d’être informé ? Quelques jours avant de lire cette phrase nous parlions avec mon ami Sébastien Dathané de la désinformation. Concept qu’il présente dans son blog Alchimie de sensiii. Au moment où un consensus se dégage au sein de la communauté scientifique sur l’origine anthropique du réchauffement et sur sa gravité, un constat s’impose : savoir est une choses, agir pour trouver une solution à ce péril en est une autre.

      La COP 30 en est une illustration pour plusieurs raisons. La première est l’absence des Etats-Unis parce que son président remet en cause l’origine anthropique du changement climatique. Cela traduit une remise en cause de la science. Le savoir scientifique est pourtant construit autour d’une méthodologie rigoureuse, où les chercheurs citent leur sources, expliquent en détail leur méthodologie afin de permettre à d’autres chercheurs de reproduire leurs expérience pour vérifier leur résultats et sont soumis à l’évaluation de leurs pairs. Quand les résultats de travaux menés avec rigueur sur des décennies sont balayés d’un revers de main, cela laisse perplexe. Quand leur réfutation s’appuie sur quelques travaux scientifiques il y a bien désinformation.

      La seconde est la nature des discussions entre les participants : des pays, des lobbies industriels et des organisations non gouvernementales. L’émission de Causes à effets sur France Culture en propose un compte renduiv. Elles ont principalement tournées autour de la décarbonation de l’économie mondiale. Il a été question de continuer ou pas l’extraction des énergies fossiles, et de réduire les émissions de CO2 en utilisant plus d’énergies renouvelables. Dans une conjoncture marquée par les tensions internationales où les États cherchent avant tout à développer leurs industries et de nouvelles techniques autour de cette nouvelle économie décarbonée. Avec un budget contraint par la hausse des dépenses militaires. Dans ce contexte concurrentiel avec de forts enjeux de pouvoir et de puissance sous jacents, il est fort probable que la désinformation ait été utilisée comme une arme pour peser sur les débats. On peut voir le verre d’eau à moitié plein et se dire que, malgré tout, cette transition énergétique va permettre de réduire un peu les émissions de gaz à effet de serre ce qui limitera les dégâts. On peut aussi être plus pessimiste comme l’historien Jean Baptiste Fressoz qui explique que la transition énergétique n’est en fait qu’un empilement des énergies les unes sur les autresv et pas une substitution des énergies renouvelables aux énergies fossiles.

      Devant la complexité des politiques d’atténuation et d’adaptation, le risque de mésinformation n’est jamais loin. Le temps que chacun peut consacrer pour s’informer sur ces sujets est forcément limité. Moi le premier, personne n’est à l’abri de distorsion involontaire de la vérité, sans intention malveillante. Pourtant, il faut bien s’informer de son mieux. Nous l’avons vu, savoir ne suffit pas, mais il est indispensable de savoir pour espérer trouver une solution. Adhérer à la désinformation selon laquelle le réchauffement climatique n’est pas d’origine anthropique c’est aller tout droit vers les pires scénarios climatiques.

      iThomas Halliday , Les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre, Livre de poche, 660 pages, 2022

      iiP 516 Thomas Halliday , Les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre

      iiihttps://alchimie-de-sens.netlify.app/notes-permanentes/20251021-desinformation-generalites/

      ivhttps://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/de-cause-a-effets-le-magazine-de-l-environnement/cop-30-clap-de-fin-quels-engagements-pour-demain-1367320

      vhttps://champsdemesreves.fr/2024/02/24/quand-le-petrole-sert-a-extraire-du-bois/

      Posté dans Information | 0 Commentaire | Tagué Changement climatique, Désinformation, Energie, Histoire de la vie, Information
    • La fin de l’insouciance estivale

      Publié à 17 h 56 min par Antoine Bocheux, le septembre 14, 2025

      Il pleut en ce début septembre. Pour moi c’est un soulagement, je présume que je ne suis pas le seul. Après deux mois et demi sans pluie significative, je me demandais jusqu’où irait cette sècheresse qui n’en finit pas. D’abord une première canicule fin juin (16 jours ). Heureusement le printemps avait été pluvieux, le sol était gorgé d’eau ce qui a permis aux arbres de passer sans dommage visible cette première vague de chaleur et de tenir jusqu’au début du mois d’août. En regardant plus attentivement on pouvait déjà observer que les feuilles se recroquevillaient, signe de la fermeture de leurs stomates pour évaporer moins d’eau. Donc pomper moins d’eau dans le sol mais aussi réduire leur photosynthèsei.

      Il n’a presque pas plu en juillet, seulement quelques orages secs et de petites averses tellement insignifiantes qu’elles n’ont même pas permis à l’herbe de reverdir. C’est dans un état de sècheresse avancée des sols que les arbres ont du affronter la seconde canicule en aout (11 jours). Plus courte mais plus chaude que celle de juin avec plusieurs pointes au dessus de 40 degrés. L’effet a été spectaculaire. Les arbres, mêmes les plus grands, les plus vieux, les mieux enracinés ont commencé à perdre une partie de leurs feuilles. Sans jaunir ou rougir comme en automne. Elles tombaient au sol en quelques jours. Résultat : les arbres pompent encore moins d’eau dans le sol, mais ils réduisent encore plus leur photosynthèse. C’est autant de réserves de sucres qu’ils ne ne pourront pas faire pour le printemps prochain. Cela les rend plus vulnérables aux maladies.

      Il n’y a pas que les arbres qui ont souffert des canicules. Elles ont également éprouvé les êtres humains. On peut écrire sans prendre trop de risque que pendant 27 jours l’adaptation à cette chaleur inhabituelle a fait partie des préoccupations principales des français. 27 jours pendant lesquels la vie a été plus compliquée. Que faire quand il ne suffit plus d’aérer la nuit et fermer les volets le jour pour faire baisser la température de son logement. Quand même en vivant dans le noir, il fait plus de 30 degrés dans sa chambre, comment dormir normalement ? La climatisation devient la seule solution pour conserver un peu de fraîcheur. Avec la chaleur qui devient pesante et le soleil brûlant l’organisation des journées change : on sort le moins possible pour ne peut pas s’exposer. Même en vacances, même à la plage il fait trop chaud. Il faut se lever à l’aube pour profiter d’une marche dans la nature.

      Pour constater un spectacle de désolation. Toute la végétation est jaune, les arbres perdent leurs feuilles. Il ne reste plus de fleurs sauvages à observer. La vie végétale semble encore plus à l’arrêt qu’en plein hiver. Il faut chercher dans les fossés pour trouver un semblant de vie et avec ça et là un pied de menthe qui fleurit péniblement. Les images champêtres de campagnes verdoyantes ne sont plus qu’un lointain souvenir du printemps. Ou de temps anciens, quand été ne rimait pas systématiquement avec sécheresse et canicule. Une époque, pas si lointaine, où il était courant de voir de l’herbe verte et des fleurs au mois d’août. L’été était alors une saison d’insouciance. Nous étions à l’abri du froid. La chaleur était parfois gênante l’après midi, ce qui n’avait rien d’inquiétant quand la fraîcheur revenait toujours la nuit et le matin. Il faudra s’y faire le climat change ; même à l’abri de nos cocons nous ne pouvons pas l’ignorer.

      Les statistiques sont têtues, les climatologue nous mettent en garde. Si la canicule de 2003 était statistiquement improbable, il y avait déjà une chance sur six de subir celles de 2025. En en 2050, l’été 2025 nous semblera fraisii. L’été devient petit à petit une saison inquiétante avec une probabilité qui augmente d’année en année de subir canicule, sécheresse et feux de forêts. Été après été la face sombre du réchauffement climatique entre dans nos vie.

      La pluie de septembre est donc arrivée comme un soulagement, nous sommes plus statiquement à l’abri d’une canicule en septembre. L’herbe redevient verte, les arbres reprennent leur photosynthèse avec leurs dernières feuilles dont les stomates s’ouvrent de nouveau. Ils retrouvent un aspect presque normal. Et les fleurs sauvages sont de retour comme cette magnifique Mauve sylvestre (Malva sylvestris) photographiée le 5 septembre .

      ihttps://www.mnhn.fr/fr/actualites/pourquoi-les-feuilles-tombent-elles-plus-tot-cette-annee

      iihttps://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-26-aout-2025-4269750

      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, botanique, Changement climatique, Nature, photo
    • Entre émerveillement et abattement

      Publié à 17 h 36 min par Antoine Bocheux, le janvier 7, 2024

      Entre émerveillement et abattement, la formule semble un peu éculée. Elle est pourtant parfaitement appropriée pour décrire ce que l’on ressent quand on aime la nature en ce début de 21ième siècle. D’un côté, les ouvrages de vulgarisation scientifique aident à toujours mieux connaître la vie des plantes et des animaux visibles et à s’imaginer celles des champignons et des bactéries invisibles. Des appareils photos et des caméras toujours plus perfectionnés donnent à voir des images magnifiques. D’un autre côté, on ne peut que constater tout ce qui disparaît ou devient rare en l’espace de quelques années. Les insectes et les oiseaux deviennent rares. Il est de plus en plus difficile de trouver une prairie, un bocage ou une forêt avec plusieurs essences d’arbres. Entre l’étalement urbain, les monocultures agricoles et sylvicoles, la place laissée à la nature est mince.

      Le climat tempéré que nous avons connu lui aussi disparaît. Cela fait maintenant 4 ans que j’écris ce blog, 4 années durant lesquelles les effets du changement climatique se sont faits lourdement ressentir. Vagues de chaleur, sécheresses, grêles, inondations. Les épisodes extrêmes se sont multipliés à un point où l’on peut constater que ce ne sont plus des anomalies météorologiques mais bien le climat qui change.

      Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les sécheresses et les vagues de chaleurs estivales. La couleur de l’été est de moins en moins le vert et de plus en plus le jaune paille de la végétation desséchée et des feuilles mortes qui tombent prématurément des arbres à cause de la sécheresse. Son parfum est de moins en moins souvent celui de la terre mouillée et de plus en plus celui de la poussière. L’eau qui était assez abondante devient maintenant suffisamment rare pour être sources de conflits et d’inquiétudes. Une réalité biologique simple et implacable se manifeste : sans eau aucune plante, sauvage ou cultivée, ne peut pousser. Ce qui ne nous met pas à l’abri des excès d’eau que nous connaissons cet hiver dont les paroxysmes sont les vagues d’inondations dramatiques que connaît le nord de la France. Pendant qu’une sécheresse historique frappe les Pyrénées orientales.

      La vie est parfois comme une musique de film qui alterne entre des scènes inquiétantes et des moments plus apaisants, propices à l’émerveillement et aux rêves. J’essaye régulièrement de partager ces moments lumineux dans ce blog. Souvent à travers mes lectures et le récit de mes promenades campagnardes et péri-urbaines. Les livres sont extraordinaires pour se lancer dans un voyage immobile et imaginer les mondes invisibles que les bons ouvrages de vulgarisation scientifique nous proposent de découvrir. Imaginer, chacun avec les images que les mots suscitent en lui, la présence de ces bactéries invisibles dans les sols, dans l’air, les roches, dans l’eau et dans nos corps. Les filaments invisibles des champignons qui occupent les moindres recoins du sols pour fournir en eau et en sels minéraux les plantes avec lesquelles ils vivent en symbiose. Une forme de vie encore sauvage, insaisissable que nous sommes parmi les premières générations d’êtres humains à découvrir.

      La découverte de ces vies invisibles et prolifiques nous ne consolera pas du recul du monde des plantes et des animaux. Celui que nous pouvons voir de nos propres yeux, mais aussi sentir, toucher, parfois goûter. Ici les livres ne font que nous aider à mieux comprendre et appréhender une réalité que nous pouvons observer avec nos propres sens. Il suffit parfois de peu de choses pour être saisi par l’émotion et sentir un éphémère sentiment de plénitude : la contemplation d’un arbre dans le brouillard qui lui donne une silhouette inhabituelle, une rencontre furtive avec un lièvre, une fleur sauvage qui s’épanouit sur un trottoir ou le long d’un chemin, l’odeur d’une aiguille d’épicéa froissée dans la main, le vol d’un papillon qui butine de fleurs en fleurs

      Tous ces moments où le rêve d’harmonie entre le vivant non humain et les êtres humains devient réalité pour quelques instants sont précieux. Même s’ils sont éphémères et symboliques. En ce début d’année je souhaite tout simplement les partager.

      Posté dans Nature | 2 Commentaires | Tagué Changement climatique, Nature, Photos
    • Pourquoi être végétarien  ? Un petit geste individuel face au réchauffement climatique … et bien plus encore.

      Publié à 14 h 52 min par Antoine Bocheux, le septembre 24, 2023

      Les oiseaux se font plus rares, les canicules et les sécheresses plus fréquentes. Au fil des ans le poids du réchauffement climatique et du recul de la biodiversité devient de plus en plus pesant. L’avenir n’est pas réjouissant. Les scientifiques nous prédisent un accroissement des événements climatiques extrêmes dont nous savons maintenant combien ils affectent notre quotidien. Des mots nouveaux apparaissent pour décrire le mal-être que peut engendrer cette situation inédite. Parmi eux« solastalgie » que Wikipédia définit comme « une forme de souffrance et de détresse psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux passés, actuels ou attendus, en particulier concernant la destruction des écosystèmes et de la biodiversité, et par extension le réchauffement climatique »i. Ce mot ne figure pas au Petit Robert, peut-être y fera-il son entrée dans les années à venir.

      Sans souffrir de solastalgie, il reste difficile d’ignorer le réchauffement climatique et le recul de la biodiversité. Cela amène immanquablement à se poser la question, que puis-je y faire ? Beaucoup de décisions à prendre sont collectives. La liberté des uns à conserver leur mode de vie entre vite en conflit avec celle des autres à aspirer à de profonds changements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et protéger la biodiversité. Une fois un accord trouvé sur la nécessité de changements, le plus difficile reste à venir pour aboutir à un consensus sur la nature et la modalité de mise en œuvre des dits changements. Chacun aura son idée sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, et au milieu de la diversité des points de vue, il devient parfois difficile de démêler le vrai du faux. A défaut d’aller plus loin dans ce débat nécessaire mais complexe je vous propose de vous interroger sur une liberté que nous avons tous : celle de choisir notre régime alimentaire. Manger moins de viande, être végétarien ou être végétalien sont de petits gestes que chacun d’entre nous a individuellement le choix de faire ou de ne pas faire.

      Commençons par quelques courtes définitions. Un régime alimentaire végétarien bannit toute consommation de chair animale, c’est à dire qu’il exclut la viande et le poisson. Un régime végétalien retire également les œufs et les produits laitiers car même s’ils n’entraînent pas directement la mort d’un animal, ils sont d’origine animale.

      Pourquoi manger moins de viande est-il bon pour le climat ? Le lien est simple. Manger directement une plante consomme moins d’énergie que de manger un animal qui mange des plantes. Il est plus logique de manger directement des céréales que de manger des animaux d’élevage nourris avec des céréales. Il faut toutefois apporter un bémol à ce raisonnement, tous les animaux d’élevage ne mangent pas des céréales, ceux qui sont nourris à l’herbe et au foin permettent de valoriser des prairies qui sont des milieux favorables à la biodiversité.

      En fonction des espèces élevées il faut 4 à 11 calories végétales pour faire une calorie animal. Pour des explications plus précises je vous renvoie vers le site Nos Gestes Climat où est proposée une évaluation du bilan carbone d’un repas en fonction du choix des alimentsii.

      La réduction des émissions de gaz à effet de serre est une bonne raison pour fortement réduire sa consommation de viande, pas forcément pour devenir complètement végétarien ou végétalien. Une motivation plus profonde est de refuser de manger la chair des animaux. Là aussi avec un peu de logique il est difficile d’ignorer que leur mise à mort entraîne pour eux de la souffrance. Cette souffrance est d’ailleurs cachée loin de nos yeux dans les abattoirs. Les supermarchés nous présentent des morceaux de viande découpés, pas des carcasses d’animaux morts, le lien entre l’animal mort et la viande est caché. Dans l’histoire de l’humanité la viande a tenu une place importante car elle était pour les chasseurs cueilleurs une source de protéines irremplaçable. Aujourd’hui il est possible d’avoir toutes les protéines nécessaires à notre alimentation en combinant les céréales et les légumineuses. Continuer à manger de la viande n’est pas une nécessité mais un choix que chacun peut faire. Ne pas en manger c’est choisir une relation harmonieuse avec le vivant non humain. Manger le fruit d’un arbre ne fait aucun mal à l’arbre, au contraire c’est pour lui une occasion de disséminer ses graines. Manger un grain de blé cueillit sur un épi n’entraîne pas de souffrance pour la graminée qui a fini son cycle végétatif. Ce sont des relations de symbiose avec les plantes. Être végétarien c’est avant tout cela, se nourrir d’une relation de symbiose avec des plantes plutôt que de la souffrance d’un animal.

      Tout cela n’est pas anodin. Difficile de prétendre protéger la biodiversité si nous ne vivons pas en harmonie avec le vivant non humain. Cette harmonie se trouve plus facilement en mangeant des plantes que des produits laitiers, des œufs ou de la viande. On ne peut cependant pas ignorer que certaines formes d’élevages où les animaux peuvent vivre une partie de leur vie dans des prairies se rapprochent d’une certaine harmonie, l’animal a au moins une bonne vie en contrepartie de sa mort prématurée. A l’inverse l’élevage intensif où les animaux sont entassés et enfermés n’est que souffrance, la négation du caractère d’être vivant sensible des animaux.

      Le choix de notre alimentation : un sujet qui entraîne finalement beaucoup de questions et de réflexions. Un terrain où l’on constate que nos choix individuels ont aussi un petit impact physique et une réelle portée symbolique.

      ihttps://fr.wikipedia.org/wiki/Solastalgie

      iihttps://nosgestesclimat.fr/actions/plus/alimentation/r%C3%A9duire-viande/par-deux?lang=fr

      Posté dans Agriculture | 0 Commentaire | Tagué Alimentation, Biodiversité, Changement climatique, Nature, Solastalgie, Végétalien, Végétarien
    • Arbres et forêts : faire confiance à la nature ou à la technique pour atténuer le changement climatique

      Publié à 20 h 05 min par Antoine Bocheux, le septembre 25, 2021

      Cette année l’été a été marqué par le changement climatique. Vagues de chaleur , incendies, inondations, cyclones. Tous les continents ont été touchés par ces événements climatiques extrêmes qui se sont succédé sans relâche. Avec cette accumulation, les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus durement sentir. Au même moment le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a présenté les premiers résultats de son sixième rapport. Le groupe 1 qui traite de la physique du climat a publié son travail de synthèse. Des milliers de publications scientifiques ont été passées au peigne fin pour établir un consensus au sein de la communauté scientifique. Il confirme que la climat de la terre se réchauffe à cause des gaz à effet de serre émis par les activités humaines. Le réchauffement a déjà commencé, si nous ne diminuons pas les émissions de gaz à effet de serre ses conséquences seront pires.

      Le 30 août dernier, l’émission science et environnement de France Inter La Terre au Carré faisait sa rentrée en revenant sur ce rapporti. Deux scientifiques ayant participé à son élaboration y expliquaient leur méthodologie et les grandes lignes de leurs conclusions. Il en ressort que le débat ne porte plus aujourd’hui sur l’existence du réchauffement climatique mais sur l’atténuation et l’adaptation problématique sur lesquelles travaillent les groupes 2 et 3 du GIEC qui n’ont pas encore livré leurs synthèses. De quoi parlons nous ? L’atténuation : comment réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’adaptation : comment s’adapter pour vivre avec un climat plus chaud marqué par une fréquence accrue des sécheresses, des vagues de chaleur, des inondations et des cyclones. Individuellement chacun se sent tout petit devant de pareils défis. Même en raisonnant au niveau national la France ne représente que 0,9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre .

      Comment faire pour s’adapter et atténuer le changement climatique ? Certains pensent que cela nécessite une contraction ou une décroissance des activités, d’autres, plus nombreux, que le développement de nouvelles techniques permettra de régler tous les problèmes. C’est le choix sur lequel misent les États et les entreprises. Il n’y a aucune rupture sur ce point, c’est ce raisonnement qui a presque exclusivement prévalu au 20ième siècle. Le contexte et les enjeux changent, la confiance en la technique demeure. Au moment de l’adopter, il ne faut pas oublier que la technique est ambivalente, nous l’avons déjà vu iciii. Chaque technique a forcément des inconvénients. On peut le constater avec les technologies dites vertes, panneaux solaires, éoliennes et voitures électriques. Leur fabrication nécessite de grandes quantités de métaux dont l’extraction est extrêmement polluante, leur recyclage est encore balbutiant. Le documentaire « la face cachée des énergies vertes » permet de visualiser cette pollution qui a souvent lieu à l’autre bout du mondeiii

      Plus près de nous comme à l’autre bout du monde, les arbres et les forêts sont des alliés indispensables dans notre quête pour l’atténuation et l’adaptation. En faisant leur photosynthèse avec du CO2 et de l’eau minérale, ils captent du CO2 qu’ils stockent dans leurs troncs et leurs racines. Côté adaptation ils ont de nombreux atouts à faire valoir. Grâce à leurs racines ils contribuent à stoker de l’eau dans les sols ce qui limite les effets des sécheresses et des inondations. Les sols stockent plus d’eau et les nappes phréatiques se remplissent mieux en cas de fortes précipitations. En cas de sécheresse leur système racinaire permet d’aller chercher l’eau plus loin dans le sol. Leur ombre permet de limiter les effets de la chaleur et réduit l’évaporation des rivières qu’elle protège. L’adaptation c’est aussi la diversité, sur ce point les forêts primaires sont les écosystèmes les plus riches ce qui leur offre un grand potentiel pour évoluer en fonction des contraintes climatiques.

      Les forêts c’est également le bois : une matière première et une énergie renouvelable. Si l’on raisonne en technicien on cherche des procédures reproductibles pour « produire » un maximum de bois en un minimum de temps et en automatisant au maximum la « récolte ». Cela donne des résultats mesurables et aboutit à des plantations d’arbres monospécifiques. Les plants sont sélectionnés pour leur rendement. La « récolte » se fait en pratiquant des coupes à blanc sur de vastes parcelles. Ces plantations d’arbres captent du CO2 qui est relâché dans l’atmosphère si le bois est utilisé pour produire de l’énergie. Si on place le curseur du côté de l’adaptation au changement climatique le bilan de ces plantations d’arbres est moins brillant. Les plantations monospécifiques sont plus fragiles face aux maladies et aux tempêtes. Le jeune age des arbres les rend plus vulnérables à la sécheresse. Les coupes à blanc avec des engins lourds détruisent la vie des sols qui est essentielle à la bonne santé des arbres.

      Les plantations d’arbres ne sont pas la seule solution pour capter du carbone. Il est possible de mettre des arbres dans les champs et autour des champs avec l’agroforesterie. Il est également possible de couper du bois dans des futaies irrégulières. Ici pas de coupes à blanc mais des arbres d’ages et d’essences variés qui ne sont pas coupés tous en même temps. C’est une façon de produire du bois plus respectueuse de la biodiversité et plus résiliente face au changement climatique.

      Finalement, pourquoi ne peut on pas tout simplement laisser faire la nature et laisser la forêt évoluer librement. Pour capter du carbone l’idée est excellente, le carbone capté dans les sols et dans les troncs d’une forêt qui n’est pas exploitée sera séquestré pour des siècles. Une forêt dont les arbres sont matures et dont la vie du sol est riche pourra retenir plus d’eau dans ses sols et donc mieux résister aux inondations, sécheresses et incendies. Cela ne sera peut-être pas suffisant pour faire face à tous les aléas que nous réserve le changement climatique mais à qui fait-on confiance ? à la nature qui depuis 400 millions d’années à permis aux forêts d’évoluer et de s’adapter. Ou à la technique qui cherche des solutions pour permettre aux plantations d’arbres de s’adapter au changement climatique dont elle est à l’origine. A l’un, à l’autre ou peut-être au deux, rien n’empêche d’essayer les deux méthodes.Pour le moment tous les efforts portent sur la seconde.

      Le botaniste Francis Hallé nous propose un projet pour appliquer la première méthode qu’il présente dans son manifeste pour une forêt primaire en Europe de l’ouestiv, projet dont nous avions déjà parlé iciv. Le projet est simple : laisser une forêt de 70 000 hectares évoluer sans intervention humaine. C’est un projet tout à fait cohérent pour capturer du carbone. Pourquoi les entreprises qui souhaitent compenser leur empreinte carbone ne multiplient-elles pas les projets de ce type au lieu de soutenir des plantations d’arbres ?

      Ce projet peut contribuer à trouver des solutions pour s’adapter au changement climatique. Observer comment une forêt s’adapte sans intervention humaine est une perspective intéressante pour savoir comment la nature s’adapte. C’est aussi une autre façon d’aborder le savoir. Chercher à comprendre plutôt qu’à intervenir.

      Ce type de forêt avec le bien-être qu’elle procure est également un atout pour nous aider à nous adapter au changement climatique.Le projet prévoit l’accueil du public. Visiter un lieu où les excès du climat sont atténués par la voûte des arbres peut nous aider à nous ressourcer. Francis Hallé insiste également sur la dimension esthétique du projet. Une forêt où les effets de l’intervention humaine se font peu sentir sera toujours plus belle qu’une plantation d’arbres. Savoirs et émotions en contemplant la beauté de la nature, notre quête pour nous adapter aux changements climatiques peut aussi nous mener à autre chose qu’à la recherche de nouvelles techniques.

      ihttps://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-lundi-30-aout-2021 Pour ceux qui souhaitent aller plus loin cette page comprend un lien vers une traduction en français du rapport pour les décideurs. Pour les scientifiques un lien vers le rapport complet est également proposé.

      iihttps://champsdemesreves.fr/2020/08/14/le-fonctionnement-du-systeme-technicien-comment-la-technique-faconne-notre-monde/

      iiihttps://www.publicsenat.fr/emission/documentaire/la-face-cachee-des-energies-vertes-189232

      ivhttps://www.actes-sud.fr/catalogue/pour-une-foret-primaire-en-europe-de-louest

      vhttps://champsdemesreves.fr/2021/01/10/planter-des-arbres-ou-laisser-pousser-les-arbres/

      Posté dans Forêt, La Technique, Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, Changement climatique
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