A première vue, l’hiver n’est pas la saison la plus propice pour photographier les plantes. Le vert des feuilles et les couleurs chatoyantes se font rares. Ils laissent leurs places à des paysages qui tendent vers le monochrome. Il reste bien un peu de vert avec le feuillage des arbres à feuilles persistantes. Quelques herbes conservent leur chlorophylle malgré les rigueurs du froid. Dépourvus de leur feuilles les arbres à feuilles caduques dévoilent leurs architectures. Leurs silhouettes se fondent dans les paysages.
Quand le brouillard s’en mêle elles prennent de l’épaisseur et se détachent sur un fond flou. Les paysages familiers deviennent mystérieux, l’on se sent désorienté ,même sur des des chemins familiers. Ce temps est propice aux rêves. Pas à ceux que l’on fait en dormant. Ni à ceux que l’on dessine éveillé en s’imaginant un monde meilleur. Ici le rêve consiste à isoler de petits détails que l’on remarque à peine si l’on ne les cherche pas. Rêver c’est aussi fuir la laideur du monde et se focaliser l’espace d’un instant sur sa beauté. Un peu comme si l’on cherchait des pierres précieuses au bord du chemin. A défaut de pierres précieuses, l’on y trouve des graines et des fleurs. Témoignages du vivant qui se perpétue encore. La photographie est l’occasion de garder une trace de ces moments.

Commençons avec cette photo de carotte sauvage(Daucus carota) abritant ces précieuses graines recroquevillées dans son ombelle. Elles se détachent dans le brouillard qui les isole du reste de leur environnement. Les ombelles sont comme des coffrets dans lesquels sont exposées les graines. Des gouttes d’eau et une toile d’araignée donnent du relief à cet écrin.
Avec cette photo qui permet d’observer les formes de l’ombelle et des graines, l’on reste dans le monochrome. En cherchant bien il est pourtant possible de trouver de traces de couleurs dans ces paysages d’hiver. C’est le cas avec les capsules de fusain (Euonymus europaeus). Suspendues au dessus de vide, leurs couleurs vives attirent l’oeil malgré leur petite taille.

Ces capsules sont déhiscentesi. Une fois à maturité elles s’ouvrent pour libérer leurs graines.

En s’approchant l’on peut constater que les capsules sont bien ouvertes. L’on observe également qu’elles sont constituées de 3 loges vides et une loge pleine avec une graine (arillode).
En traversant un sous bois où les arbres sont dénudés, quelques taches de verdure attirent l’attention. Il s’agit d’un arbrisseau, le fragon piquant, ou petit-houx (Ruscus aculeastus). Ses feuilles sont des tiges aplaties (cladodes ). Il mesure 30 à 80 centimètres de haut. Ses baies rouges sur ses feuilles amènent un peu de couleur dans cette ambiance hivernale.

Les graines ne sont pas rares en cette période hivernale. Les fleurs le sont, mais notre ballade photographique finit par nous mener vers celles d’un ajonc (probablement Ulex europoeus). Impossible de les manquer avec leur jaune étincelant. Ce sont des fleurs papilionacées avec un étendard, deux ailes, une carène (deux pétales soudées) évoquant la forme d’un papillon. Un papillon un peu en avance sur le printemps qui ne va pas tarder à faire son retour avec son foisonnement de couleurs !

iToutes les précisions botaniques présentées ici sont issues de la Petite Flore de France (Régis Thomas, David Busti, Margarethe Maillart, Petite Flore de France, Belin, 2018, 465 pages






















