Les champs de mes rêves

Les champs de mes rêves
  • Archives
  • Nature
  • Présentation
  • Accueil
  • Articles
  • Archives Mensuelles: septembre 2021

    • Arbres et forêts : faire confiance à la nature ou à la technique pour atténuer le changement climatique

      Publié à 20 h 05 min par Antoine Bocheux, le septembre 25, 2021

      Cette année l’été a été marqué par le changement climatique. Vagues de chaleur , incendies, inondations, cyclones. Tous les continents ont été touchés par ces événements climatiques extrêmes qui se sont succédé sans relâche. Avec cette accumulation, les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus durement sentir. Au même moment le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a présenté les premiers résultats de son sixième rapport. Le groupe 1 qui traite de la physique du climat a publié son travail de synthèse. Des milliers de publications scientifiques ont été passées au peigne fin pour établir un consensus au sein de la communauté scientifique. Il confirme que la climat de la terre se réchauffe à cause des gaz à effet de serre émis par les activités humaines. Le réchauffement a déjà commencé, si nous ne diminuons pas les émissions de gaz à effet de serre ses conséquences seront pires.

      Le 30 août dernier, l’émission science et environnement de France Inter La Terre au Carré faisait sa rentrée en revenant sur ce rapporti. Deux scientifiques ayant participé à son élaboration y expliquaient leur méthodologie et les grandes lignes de leurs conclusions. Il en ressort que le débat ne porte plus aujourd’hui sur l’existence du réchauffement climatique mais sur l’atténuation et l’adaptation problématique sur lesquelles travaillent les groupes 2 et 3 du GIEC qui n’ont pas encore livré leurs synthèses. De quoi parlons nous ? L’atténuation : comment réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’adaptation : comment s’adapter pour vivre avec un climat plus chaud marqué par une fréquence accrue des sécheresses, des vagues de chaleur, des inondations et des cyclones. Individuellement chacun se sent tout petit devant de pareils défis. Même en raisonnant au niveau national la France ne représente que 0,9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre .

      Comment faire pour s’adapter et atténuer le changement climatique ? Certains pensent que cela nécessite une contraction ou une décroissance des activités, d’autres, plus nombreux, que le développement de nouvelles techniques permettra de régler tous les problèmes. C’est le choix sur lequel misent les États et les entreprises. Il n’y a aucune rupture sur ce point, c’est ce raisonnement qui a presque exclusivement prévalu au 20ième siècle. Le contexte et les enjeux changent, la confiance en la technique demeure. Au moment de l’adopter, il ne faut pas oublier que la technique est ambivalente, nous l’avons déjà vu iciii. Chaque technique a forcément des inconvénients. On peut le constater avec les technologies dites vertes, panneaux solaires, éoliennes et voitures électriques. Leur fabrication nécessite de grandes quantités de métaux dont l’extraction est extrêmement polluante, leur recyclage est encore balbutiant. Le documentaire « la face cachée des énergies vertes » permet de visualiser cette pollution qui a souvent lieu à l’autre bout du mondeiii

      Plus près de nous comme à l’autre bout du monde, les arbres et les forêts sont des alliés indispensables dans notre quête pour l’atténuation et l’adaptation. En faisant leur photosynthèse avec du CO2 et de l’eau minérale, ils captent du CO2 qu’ils stockent dans leurs troncs et leurs racines. Côté adaptation ils ont de nombreux atouts à faire valoir. Grâce à leurs racines ils contribuent à stoker de l’eau dans les sols ce qui limite les effets des sécheresses et des inondations. Les sols stockent plus d’eau et les nappes phréatiques se remplissent mieux en cas de fortes précipitations. En cas de sécheresse leur système racinaire permet d’aller chercher l’eau plus loin dans le sol. Leur ombre permet de limiter les effets de la chaleur et réduit l’évaporation des rivières qu’elle protège. L’adaptation c’est aussi la diversité, sur ce point les forêts primaires sont les écosystèmes les plus riches ce qui leur offre un grand potentiel pour évoluer en fonction des contraintes climatiques.

      Les forêts c’est également le bois : une matière première et une énergie renouvelable. Si l’on raisonne en technicien on cherche des procédures reproductibles pour « produire » un maximum de bois en un minimum de temps et en automatisant au maximum la « récolte ». Cela donne des résultats mesurables et aboutit à des plantations d’arbres monospécifiques. Les plants sont sélectionnés pour leur rendement. La « récolte » se fait en pratiquant des coupes à blanc sur de vastes parcelles. Ces plantations d’arbres captent du CO2 qui est relâché dans l’atmosphère si le bois est utilisé pour produire de l’énergie. Si on place le curseur du côté de l’adaptation au changement climatique le bilan de ces plantations d’arbres est moins brillant. Les plantations monospécifiques sont plus fragiles face aux maladies et aux tempêtes. Le jeune age des arbres les rend plus vulnérables à la sécheresse. Les coupes à blanc avec des engins lourds détruisent la vie des sols qui est essentielle à la bonne santé des arbres.

      Les plantations d’arbres ne sont pas la seule solution pour capter du carbone. Il est possible de mettre des arbres dans les champs et autour des champs avec l’agroforesterie. Il est également possible de couper du bois dans des futaies irrégulières. Ici pas de coupes à blanc mais des arbres d’ages et d’essences variés qui ne sont pas coupés tous en même temps. C’est une façon de produire du bois plus respectueuse de la biodiversité et plus résiliente face au changement climatique.

      Finalement, pourquoi ne peut on pas tout simplement laisser faire la nature et laisser la forêt évoluer librement. Pour capter du carbone l’idée est excellente, le carbone capté dans les sols et dans les troncs d’une forêt qui n’est pas exploitée sera séquestré pour des siècles. Une forêt dont les arbres sont matures et dont la vie du sol est riche pourra retenir plus d’eau dans ses sols et donc mieux résister aux inondations, sécheresses et incendies. Cela ne sera peut-être pas suffisant pour faire face à tous les aléas que nous réserve le changement climatique mais à qui fait-on confiance ? à la nature qui depuis 400 millions d’années à permis aux forêts d’évoluer et de s’adapter. Ou à la technique qui cherche des solutions pour permettre aux plantations d’arbres de s’adapter au changement climatique dont elle est à l’origine. A l’un, à l’autre ou peut-être au deux, rien n’empêche d’essayer les deux méthodes.Pour le moment tous les efforts portent sur la seconde.

      Le botaniste Francis Hallé nous propose un projet pour appliquer la première méthode qu’il présente dans son manifeste pour une forêt primaire en Europe de l’ouestiv, projet dont nous avions déjà parlé iciv. Le projet est simple : laisser une forêt de 70 000 hectares évoluer sans intervention humaine. C’est un projet tout à fait cohérent pour capturer du carbone. Pourquoi les entreprises qui souhaitent compenser leur empreinte carbone ne multiplient-elles pas les projets de ce type au lieu de soutenir des plantations d’arbres ?

      Ce projet peut contribuer à trouver des solutions pour s’adapter au changement climatique. Observer comment une forêt s’adapte sans intervention humaine est une perspective intéressante pour savoir comment la nature s’adapte. C’est aussi une autre façon d’aborder le savoir. Chercher à comprendre plutôt qu’à intervenir.

      Ce type de forêt avec le bien-être qu’elle procure est également un atout pour nous aider à nous adapter au changement climatique.Le projet prévoit l’accueil du public. Visiter un lieu où les excès du climat sont atténués par la voûte des arbres peut nous aider à nous ressourcer. Francis Hallé insiste également sur la dimension esthétique du projet. Une forêt où les effets de l’intervention humaine se font peu sentir sera toujours plus belle qu’une plantation d’arbres. Savoirs et émotions en contemplant la beauté de la nature, notre quête pour nous adapter aux changements climatiques peut aussi nous mener à autre chose qu’à la recherche de nouvelles techniques.

      ihttps://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-lundi-30-aout-2021 Pour ceux qui souhaitent aller plus loin cette page comprend un lien vers une traduction en français du rapport pour les décideurs. Pour les scientifiques un lien vers le rapport complet est également proposé.

      iihttps://champsdemesreves.fr/2020/08/14/le-fonctionnement-du-systeme-technicien-comment-la-technique-faconne-notre-monde/

      iiihttps://www.publicsenat.fr/emission/documentaire/la-face-cachee-des-energies-vertes-189232

      ivhttps://www.actes-sud.fr/catalogue/pour-une-foret-primaire-en-europe-de-louest

      vhttps://champsdemesreves.fr/2021/01/10/planter-des-arbres-ou-laisser-pousser-les-arbres/

      Posté dans Forêt, La Technique, Nature | 0 Commentaire | Tagué Arbres, Changement climatique
    • Articles récents

      • La cellule : dénominateur commun du vivant
      • Cynorrhodons : des faux fruits dans l’hiver
      • Changement climatique : quand savoir ne suffit pas
      • Incomplétude heureuse
      • La fin de l’insouciance estivale
    • Catégories

      • Nature (42)
      • La Technique (16)
      • Histoire (8)
      • Agriculture (8)
      • Non classé (7)
      • Forêt (5)
      • Information (4)

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

  • S'abonner Abonné
    • Les champs de mes rêves
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Les champs de mes rêves
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…