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    • Définir la nature avec François Terrasson : savons nous encore ce qu’est la nature ?

      Publié à 16 h 57 min par Antoine Bocheux, le janvier 12, 2020

      Il existe de nombreuses définitions de la nature. Celle du naturaliste François Terrasson, la nature c’est « ce qui existe en dehors de toute action de la part de l’homme » est simple et nous ramène à l’essentiel. La nature est là, plus ou moins présente, partout autour de nous, elle n’est pas cantonnée aux réserves naturelles et aux terres lointaines. Mais savons nous discerner sa présence autour de nous ? Et l’aimons nous vraiment ?

      Même dans les milieux le plus anthropisés une bactérie arrive toujours à trouver sa place, alors que les terres australes les plus isolées que l’Homme ne fréquente pas sont impactées par la pollution et le changement climatique liés à ses activités. Ce cadre étant fixé, l’important est de savoir quelle « dose » de nature est présente dans les lieux que nous fréquentons. Est-elle étouffée et cachée ou voyante et exubérante. Entre ces deux extrêmes, tous les cas de figures sont possibles. François Terrasson propose de noter sa présence sur une échelle de 1 à 10 pour mesurer la place que les activités humaines lui laissent sur chaque territoire.

      Elle est balbutiante dans les rues des centres villes où elle s’exprime à travers les herbes qui se faufilent dans les fissures du macadam. La dose augmente dans les jardins, avec les arbres, les fleurs, les légumes, les insectes, les oiseaux et les vers de terre. Sa présence se fait plus forte dans les bandes enherbées et les haies au bord des champs et des routes.

      Elle est là aux milieux des aménagements nécessaires aux activités des hommes. Ignorée, mal aimée ou appréciée, elle peut y occuper une place plus ou moins importante. Il suffit d’intervenir un minimum pour la laisser s’exprimer. En fauchant l’herbe une fois par an au lieu de la tondre régulièrement dans les endroits les moins fréquentés du jardin. En laissant pousser des arbres et des haies champêtres. En cultivant une large variété de plantes. En laissant les feuilles mortes, et un peu de bois mort sur le sol. En n’arrachant pas systématiquement les plantes qui poussent spontanément.

      Loin des villes et des champs, sa présence se fait plus prégnante dans les forêts. Celle de l’homme est ici plus discrète. Elle est pourtant réelle, à travers le choix d’essences plantées, l’entretien des chemins et celui des sous bois. La dose de nature sera faible dans une monoculture de pins. Elle sera plus forte dans une futaie irrégulière où plusieurs essences d’arbres sont exploitées. Un jugement favorable est souvent porté sur ces forêts jardinées, propices à la promenade. Elles deviennent plus inquiétantes quand il faut les fréquenter la nuit sans éclairage. Les repères de la civilisation s’obscurcissent. Il reste seulement des bruits et des odeurs qui ne sont pas familières. Passer une nuit dans ces conditions est une expérience déroutante. François Terrasson l’a proposée à des cobayes volontaires. Certain se sentent mal à l’aise et ont peur dans ces conditions. D’autres, au contraire se sentent bien.

      Dans des circonstances plus communes on retrouve cette diversité des sentiments vis-à-vis de la nature. L’aime-t-on vraiment ? Avec quelle dose de nature se sent-on bien ? Ces réponses sont personnelles et chacun a une relation singulière avec elle. Même à petite à dose elle n’est pas forcément aimée. Chacun se sent plus ou moins à l’aise quand la dose augmente. Les fleurs et l’ombre des arbres dégagent souvent une image positive. Le plaisir de marcher dans les herbes hautes ou dans les feuilles mortes n’est pas toujours partagé. Les ronces, le lierre et les orties sont plus rarement appréciées. On retrouve le même contraste avec les animaux. Les oiseaux, les papillons, dégagent une image positive alors que les araignées et les serpents font souvent peur. Les friches sont mal aimées. Pas de chemin pour y accéder, des ronces et orties qui empêchent de déambuler. La nature s’exprime pleinement dans ces territoires abandonnés par l’homme. Petit à petit, la forêt reprend ses droits. Les arbres poussent à l’abri des ronces. Sans intervention pendant plusieurs décennies on obtient une forêt luxuriante abritant une flore et une faune variées.

      Dans l’imaginaire collectif la nature est pourtant rarement symbolisée par une friche. C’est plutôt La peur de la nature : au plus profond de notre inconscient, les vraies causes de la destruction de la nature

      Une réserve naturelle où sont protégés quelques animaux emblématiques comme les éléphants, les lions et les ours. Ce n’est pourtant pas forcément dans ces réserves que se trouve la plus forte dose de nature. Elles sont aménagées pour faciliter l’accueil du public et pour favoriser la protection de certaines espèces qui ne trouvent plus leur place dans les champs et les forêts. Elles sont souvent gérées pour favoriser la présence des espèces à protéger et pour accueillir le public. L’intervention de l’homme s’y fait donc sentir. Cela prête à confusion sur c’est qu’est vraiment la nature : « ce qui existe en dehors du toutes actions de la part de l’homme ». Elles sont souvent considérées comme des territoires où la nature peut pleinement s’exprimer, ce qui est rarement le cas du fait des interventions nécessaire à leur gestion. Elles ont leur utilité, mais le danger quelles représentent est qu’elles laissent implicitement penser que la nature doit être protégée seulement en leur sein et que son absence et sa destruction sont normales ailleurs.

      Compte tenu de la pression démographique humaine, si l’on veut vraiment protéger la nature, il faut lui laisser une place sur les territoires où nous vivons. Cela nécessite d’apprendre à la connaître, d’apprécier sa beauté et de l’aimer. Il y a beaucoup de chemin à parcourir pour en arriver là. Lui laisser une place seulement dans des réserves aménagés, c’est se couper d’elle et la tuer à petit feu. Peut-on se satisfaire d’avoir pour seul contact avec la nature une visite annuelle sur un chantier balisé ?

      Pour aller plus loin :

      François Terrasson, La peur de la nature : au plus profond de notre inconscient, les vraies causes de la destruction de la nature, Sang de la terre , 270 pages, 2007

      François Terrasson, La civilisation anti-nature : on ne peut vivre en parenté avec la nature sans comprendre ce que nous sommes , Sang de la terre , 293 pages, 2008

      François Terrasson, En finir avec la nature : le lien ou l’absence de lien avec la nature, voilà le point crucial !, Sang de la terre , 318 pages, 2008

      Posté dans Nature | 1 commentaire | Tagué Nature
    • Prélude aux champs de mes rêves

      Publié à 22 h 00 min par Antoine Bocheux, le janvier 1, 2020

      Pour moi le paradis sur terre ressemble à un bocage. Je ferme les yeux et je l’imagine. Je déambule sur un chemin, au dessus de ma tête les branches des arbres filtrent les rayons du soleil. Elles diffusent une lumière douce et subtile. En se rejoignant, elles forment une voûte majestueuse ressemblant à celle d’une cathédrale gothique.

      Leur forme est cependant plus subtile et irrégulière. Bien qu’elles s’étalent au dessus du chemin pour le recouvrir complètement, le bruit du vent dans les feuilles me rappelle leur légèreté. Sous mes pieds, le sol dégage une délicieuse odeur d’humus qui se mélange à celle des fleurs de sureaux que je viens de cueillir.

      Derrière les arbres, des vaches broutent paisiblement dans le pré. En cette fin de journée elles se sont éloignées de l’ombre du vieux noyer qui les protège des ardeurs du soleil les chaudes après midi d’été. Ce soir, une averse a amené une fraîcheur bienfaisante et redonné de la vigueur à la végétation.

      Après l’averse les bourdons reprennent du service. Dans le fossé, ils butinent les fleurs pourpres des consoudes. Chargés de pollens, ils volent de fleur en fleur sans se soucier de ma présence. Les oiseaux sont plus craintifs. Leurs chants me rappellent qu’ils ne sont pas loin.

      En poursuivant ma marche, j’arrive à hauteur d’un champ de blé. Le soleil commence à descendre. Les nuages filtrent ses rayons et créent un subtil jeu d’ombre et de lumière qui magnifie le paysage. Le ciel se couvre d’une vaste palette de couleur. Le bleu azur se mêle aux gris des nuages avec des pointes de rouge et d’orange à l’ouest.

      Les grains de blé mûrs se balancent mollement. Le temps des moissons approche. Ce paysage est rassurant. En le regardant, je pense au pain que le blé donnera et au fromage qui est élaboré avec le lait des vaches, aux noix du noyer, aux pommes du pommier. Cela m’évoque le plaisir simple et essentiel de manger de bonnes choses.

      Ce paysage me fascine par son élégance mais aussi pour tout ce qu’il représente pour moi. Des solutions pour assurer la sécurité alimentaire. Une harmonie entre l’Homme et la nature. Une beauté changeante dont on apprend toujours quelque chose de nouveau.

      Je me sens en sécurité. Ce sentiment est conforté par la présence d’un chemin. Je sais où je suis, je ne suis pas coupé du monde des hommes. En même temps, je perçois la présence de la nature. Elle est là à côté de moi. Dans les arbres où nichent les oiseaux. Dans le champ de blé où quelques tâches rouges me rappellent la présence de coquelicots. Dans les fossés où poussent des orties. Dans la prairie où j’aperçois parfois un chevreuil. Elles aussi là, invisible sous mes pieds avec une multitude de vers de terre et les racines des plantes.

      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Bocage, Nature
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