Les champs de mes rêves

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    • Changement climatique : quand savoir ne suffit pas

      Publié à 18 h 03 min par Antoine Bocheux, le novembre 30, 2025

      Certaines lectures donnent l’espoir d’échapper à l’actualité et son lot de mauvaises nouvelles. C’est ce que j’espérais en me plongeant dans la lecture de « les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre »i. Ce livre de vulgarisation scientifique écrit par le paléontologue Thomas Halliday plonge avec délice dans un voyage spatio-temporel. A partir des fossiles et autres indices conservés dans les roches, il imagine une description des paysages, de la flore et de la faune à différentes époques géologiques. Le voyage commence au pléistocène, au milieu des mammouths, il y a 20 000 ans et finit il y a 550 millions d’années dans les océans de l’édiacarien. Toute cette histoire peut sembler loin de nous, elle est pourtant brûlante d’actualité.

      Pendant ces 550 millions d’années, on compte 5 extinctions de masse dont certaines sont provoquées par de brusques changements climatiques … En particulier celle qui est survenu il y a 252 millions à la fin du permien : une gigantesque irruption volcanique en Sibérie a provoqué une forte concentration en CO2 et en méthane dans l’atmosphère. Et mis le feu à de gigantesques tourbières, ce qui a encore fait monter la concentration de gaz à effet de serre. S’en est suivi un réchauffement climatique rapide, une acidification des océans et l’extinction de 96 % des espèces. Difficile de ne pas voir de similitudes avec la situation actuelle !

      Thomas Halliday fait part de ces similitudes dans sa conclusion. Si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous nous dirigeons vers un climat jamais connu par le genre Homo. Il faut remonter à l’Eocène il y a 40 millions d’année pour s’en approcher. A cette époque, l’antarctique était recouvert de forêts. Il se montre malgré tout optimiste car nous sommes informés de la situation « le fait même que nous soyons en mesure de réfléchir à l’état de notre environnement, que nous disposons de la capacité de nous plonger dans le passé pour le comparer au présent est la raison pour laquelle nous pouvons rester optimiste »ii. Mais est-il suffisant d’être informé ? Quelques jours avant de lire cette phrase nous parlions avec mon ami Sébastien Dathané de la désinformation. Concept qu’il présente dans son blog Alchimie de sensiii. Au moment où un consensus se dégage au sein de la communauté scientifique sur l’origine anthropique du réchauffement et sur sa gravité, un constat s’impose : savoir est une choses, agir pour trouver une solution à ce péril en est une autre.

      La COP 30 en est une illustration pour plusieurs raisons. La première est l’absence des Etats-Unis parce que son président remet en cause l’origine anthropique du changement climatique. Cela traduit une remise en cause de la science. Le savoir scientifique est pourtant construit autour d’une méthodologie rigoureuse, où les chercheurs citent leur sources, expliquent en détail leur méthodologie afin de permettre à d’autres chercheurs de reproduire leurs expérience pour vérifier leur résultats et sont soumis à l’évaluation de leurs pairs. Quand les résultats de travaux menés avec rigueur sur des décennies sont balayés d’un revers de main, cela laisse perplexe. Quand leur réfutation s’appuie sur quelques travaux scientifiques il y a bien désinformation.

      La seconde est la nature des discussions entre les participants : des pays, des lobbies industriels et des organisations non gouvernementales. L’émission de Causes à effets sur France Culture en propose un compte renduiv. Elles ont principalement tournées autour de la décarbonation de l’économie mondiale. Il a été question de continuer ou pas l’extraction des énergies fossiles, et de réduire les émissions de CO2 en utilisant plus d’énergies renouvelables. Dans une conjoncture marquée par les tensions internationales où les États cherchent avant tout à développer leurs industries et de nouvelles techniques autour de cette nouvelle économie décarbonée. Avec un budget contraint par la hausse des dépenses militaires. Dans ce contexte concurrentiel avec de forts enjeux de pouvoir et de puissance sous jacents, il est fort probable que la désinformation ait été utilisée comme une arme pour peser sur les débats. On peut voir le verre d’eau à moitié plein et se dire que, malgré tout, cette transition énergétique va permettre de réduire un peu les émissions de gaz à effet de serre ce qui limitera les dégâts. On peut aussi être plus pessimiste comme l’historien Jean Baptiste Fressoz qui explique que la transition énergétique n’est en fait qu’un empilement des énergies les unes sur les autresv et pas une substitution des énergies renouvelables aux énergies fossiles.

      Devant la complexité des politiques d’atténuation et d’adaptation, le risque de mésinformation n’est jamais loin. Le temps que chacun peut consacrer pour s’informer sur ces sujets est forcément limité. Moi le premier, personne n’est à l’abri de distorsion involontaire de la vérité, sans intention malveillante. Pourtant, il faut bien s’informer de son mieux. Nous l’avons vu, savoir ne suffit pas, mais il est indispensable de savoir pour espérer trouver une solution. Adhérer à la désinformation selon laquelle le réchauffement climatique n’est pas d’origine anthropique c’est aller tout droit vers les pires scénarios climatiques.

      iThomas Halliday , Les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre, Livre de poche, 660 pages, 2022

      iiP 516 Thomas Halliday , Les Mondes d’hier, voyage aux origines de la terre

      iiihttps://alchimie-de-sens.netlify.app/notes-permanentes/20251021-desinformation-generalites/

      ivhttps://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/de-cause-a-effets-le-magazine-de-l-environnement/cop-30-clap-de-fin-quels-engagements-pour-demain-1367320

      vhttps://champsdemesreves.fr/2024/02/24/quand-le-petrole-sert-a-extraire-du-bois/

      Posté dans Information | 0 Commentaire | Tagué Changement climatique, Désinformation, Energie, Histoire de la vie, Information
    • Entropie, énergie et informations : quand la physique et la biologie rejoignent le quotidien

      Publié à 16 h 33 min par Antoine Bocheux, le juillet 20, 2025

      Les idées se croisent parfois d’une manière surprenante. En ouvrant un livre pour s’évader du quotidien. Juste pour le plaisir de découvrir d’autres mondes que nous ne pouvons pas voir mais dont la science nous fait découvrir l’existence. Elle nous aide à en imaginer les contours. Physique, astrophysique, biologie, géologie … les champs de de la sciences sont vastes et variés. L’historien David Christian a eu la bonne idée de réunir toutes ces disciplines pour nos proposer une histoire de la Terre du big bang à nos jours dans son livre « Origines ; une grande histoire du monde du big bang à nos jours »i. Après avoir lu ses deux premières parties sur le cosmos et la biosphère quelques constantes apparaissent.

      Dans la description qu’il fait du cosmos comme dans celle de la biosphère l’opposition entre l’entropie et l’énergie tient une place importante. L’entropie est la tendance de notre univers en expansion à aller vers le désordre. L’énergie, au contraire permet de fusionner la matière vers des atomes puis des molécules toujours plus complexes. Mais quand l’énergie libre qui permet à cette complexité de se former s’épuise, l’entropie reprend le dessus. C’est l’énergie de la gravitation qui permet à des atomes d’hydrogène et d’hélium qui circulent dans l’univers de se regrouper ce qui les réchauffe. Jusqu’à atteindre 10 000 degrés, température à laquelle se forme une réaction de fusion nucléaire qui transforme l’hydrogène en hélium. Une étoile est née. Quand l’hydrogène s’épuise, d’autre atomes plus lourds (avec plus de protons dans leurs noyaux ) se forment, jusqu’à ce que la température de l’étoile devienne tellement élevée qu’elle explose. Et que ses atomes se dispersent dans l’espace. C’est le retour de l’entropie.

      Sur terre, notre planète formée d’atomes issus de poussière d’étoiles ayant explosées, la source d’énergie directe est fournie par le soleil qui lui permet d’atteindre une température propice à la formation de molécules complexes. En simplifiant à grands traits, ces atomes ont finit par donner la vie sous forme de petites cellules procaryote (environ un millième de millimètre). Une sorte de bain liquide constitué de molécules qui restent groupées grâce à un ensemble de réactions chimiques, leur métabolisme. Elles peuvent se reproduire de façon quasi identique grâce à leur ADN. Pour alimenter leur métabolisme, elle ont besoin d’énergie, le plus souvent fournie directement par les photons du soleil grâce à la photosynthèse. Elles ont également besoin d’informations pour s’adapter à leur environnement. Par exemples, elles peuvent détecter la présence de nutriments, de toxines ou d’autres micro-organismes et ajuster leur comportement en conséquence (comme se déplacer vers une source de nourriture ou éviter des substances nocives). Avoir accès à une source d’énergie et à des informations est donc indispensable aux organismes vivants, même les plus simples, pour rester en vie.

      Revenons à notre échelle et à nos activités quotidiennes. Nous aussi avons besoin d’énergie pour vivre. Nous la recevons sous forme de nourriture, en mangeant d’autres animaux ou des végétaux ayant tiré leur énergie du soleil. De l’énergie il nous en faut pour activer nos muscles, pour ranger notre bureau qui est vite envahi par le désordre si nous n’intervenons pas. La tendance naturelle vers l’entropie sans dépense d’énergie se vérifie ici d’une manière imparable ! Même au repos, il faut manger pour vivre, pour alimenter notre cerveau quand nous lisons ou nous rêvons ou tout simplement pour respirer. L’information nous est également nécessaire, pour vérifier qu’il n’y a pas de voiture avant de traverser de la route ou pour ne pas manger des aliments moisis.

      Mais s’informer c’est aussi une dépense d’énergie. Faible quand il s’agit de regarder si une voiture arrive avant de traverser la route, forte quand il s’agit de choisir une voiture à acheter. Encore plus élevée quand il s’agit de gérer une entreprise : suivre la réglementation, la concurrence, les attentes des clients … les besoins d’informations sont énormes. Ces informations sont pourtant nécessaires pour prendre des décisions les plus éclairées possible. Le web est rempli d’informations utiles, disponibles gratuitement encore faut-il le temps de les identifier et encore du temps pour les analyser. Ce temps nécessite de l’énergie, puisqu’il sollicite nos cerveaux. Qui ont leurs limites alors que le volume d’informations disponibles sur le web ne cesse d’augmenter. L’intelligence artificielle et ses datas center gourmands en énergie peut, dans une certaine mesure, aider dans ces tâches de recherche et de traitement de l’information. Mais elle contribue également à produire plus d’informations de « mauvaises » qualités dont le traitement fait perdre de l’énergie. « Fausses » quand elles sont émises avec l’intention d’induire en erreur. Ou tout simplement sans intérêt quand elles ne font que reformuler presque à l’identique des informations déjà émises, créant une surcharge informationnelle qui sature nos cerveaux. Une intervention humaine reste indispensable pour sélectionner les informations à évaluer en évitant le trop peu ou le trop plein d’information, mais aussi de se disperser en se basant sur des informations hors sujet ou sans valeur ajoutée pour l’analyse.

      Si nous savons que traverser la route sans regarder s’il n’y pas de voiture est dangereux, n’oublions pas aussi que l’excès d’information est également dangereux. S’il fallait deux heures pour analyser les détails de la route avant de traverser il serait difficile d’arriver à l’heure à son rendrez-vous. Et compter les fenêtres sur les maisons de chaque côté de la route ne permettrait pas de savoir si la voie est libre pour traverser. L’information c’est un peu comme la nourriture, notre source d’énergie, il n’en faut ni trop ni trop peu et elle doit correspondre à nos besoins pour prendre les bonnes décisions ! L’énergie de nos cerveaux n’est pas illimitée contrairement à la quantité d’informations disponibles sur le web.

      iDavid Christian,  Origines ; une grande histoire du monde du big bang à nos jours , arpa, 2025, 400 pages

      Posté dans Information | 0 Commentaire | Tagué Astrophysique, Biologie, Histoire de la vie, Informations, Intelligence Artificielle
    • Humain et confidentiel

      Publié à 19 h 14 min par Antoine Bocheux, le décembre 30, 2022

      Les champs de mes rêves ont maintenant trois ans. L’occasion de revenir sur les raisons qui me poussent à continuer de tenir ce blog. Cela demande du temps. Les idées viennent facilement, souvent en marchant. Les structurer et mettre des mots dessus est plus long. Se relire plus encore. Au final, après l’effort, le plaisir est au rendez-vous. Plaisir d’énoncer des idées qu’il serait difficile d’exprimer au cours d’une discussion. Souvent le contexte ne s’y prête pas. Parfois les mots ne viennent pas sur le vif. Plaisir d’être lu, je remercie chaleureusement mes lecteurs. Plaisir également, de voir les billets s’accumuler et, petit à petit, former un tout.

      Dans l’immensité du web, les champs de mes rêves reste confidentiel. Je le sais et je l’assume, je n’ai pas coché les cases pour être mis en avant par Google. Diversité des thèmes traités alors qu’il faudrait se spécialiser sur un sujet pour devenir un « expert ». Comment cocher cette case alors que tout est lié. L’évolution fulgurante des techniques agit sur l’ensemble de nos vies comme sur celles du vivant non humain. Penser la nature sans penser la technique qui cause sa destruction et bouleverse nos modes de vie serait absurde.

      Pour plaire à l’algorithme de Google, il faudrait également agrémenter chaque billet avec des images. Pourquoi vouloir absolument illustrer les mots avec des images quand ils donnent à appréhender des réalités qu’aucune image ne peut évoquer. Comment visualiser un concept comme la technique selon Jacques Ellul ou l’odeur de la terre mouillée ? N’est-il pas préférable de laisser au lecteur la liberté de se représenter lui même des choses auxquelles aucune image ne saurait rendre justice ?

      Il faudrait également publier trois fois par semaine. A moins de devenir bloggeur à plein temps cela ne semble pas réaliste. Peut-être en ayant recours aux services d’une intelligence artificielle pour rédiger le premier jet des billets. Et compléter sa suggestion en ajoutant une petite touche personnelle comme on ajoute une cerise sur le gâteau. Sans savoir ce qu’il y a dans le gâteau. Ce n’est pas de la science fiction il suffit de tester GPT-3 d’Open AI pour s’en convaincre. Faut-il s’en réjouir ou s’en alarmer ? Comme toute technique, elle est ambivalente. Nous manquons simplement de recul pour imaginer ce que seront sa face sombre et sa face lumineuse. En attendant, spéculons. Nous confions déjà à des algorithmes, donc aux ingénieurs qui les programment, le soin de sélectionner les résultats qu’ils jugent les plus pertinents quand nous recherchons de l’information sur notre moteur de recherche favori. Vont-ils maintenant nous renvoyer vers des textes écrits par d’autres algorithmes, programmés selon les désirs d’autres ingénieurs ?

      Heureusement la vocation de ce blog n’est pas d’être lu par le plus grand nombre. Il est avant tout un espace de liberté, à l’abri des contraintes du quotidien, de la course à l’efficacité qui remplit nos vies. C’est simplement le reflet d’un être humain qui essaye d’exprimer avec des mots ce qui l’interroge et le fait rêver.

      En trois ans, beaucoup de choses ont changées. Notre quotidien a été bouleversé pendant des mois par le Covid . Cela a mis le doigt sur notre vulnérabilité face aux virus et sur les failles de notre système de santé. Par la canicule aussi à l’été 2022. Nous avons éprouvé dans notre chair les effets du changement climatique, la sécheresse qui dessèche les plantes, la chaleur dont nous avons du mal à supporter le poids, l’odeur acre des incendies. Plus discrètement, de nouvelles terres ont été bétonnées et les derniers animaux sauvages continuent de vivre sous le feu nourri des chasseurs. Dans ce contexte inquiétant continuer à réfléchir, à rêver à s’émerveiller est plus que jamais nécessaire. Pour ne pas se laisser envahir par nos peurs. Pour mieux aimer et connaître ce à quoi nous tenons. Pour essayer d’imaginer, à hauteur d’homme, un avenir souhaitable. Même si ces mots sont peu de choses et s’évanouissent dans l’immensité du web, ils restent humains. Humains et confidentiels.

      Posté dans Information, La Technique, Nature | 0 Commentaire | Tagué blog, Intelligence Artificielle, Nature
    • Le pot de confiture de l’information

      Publié à 14 h 22 min par Antoine Bocheux, le octobre 18, 2020

      Une des singularités de notre époque est la profusion d’informations auxquelles nous avons accès. Avec Internet, elles sont partout autour de nous. Elle se répandent sous forme d’un flot ininterrompu. Comme si nous avions un accès illimité à un placard sans fond rempli de pots de confitures tous plus délicieux les uns que les autres sans avoir le temps de tous les goûter. L’accès à cette manne est une chance et nous offre des possibilités inédites pour nous instruire, nous informer ou nous divertir. Elle nous expose aussi à de nouveaux écueils. Nul n’est à l’abri d’une indigestion en mangeant trop de confiture …

      Pendant la plus grande partie de l’histoire de l’humanité l’accès à l’information était limitée, sa transmission était principalement orale. La majorité de la population ne savait ni lire ni écrire, l’écrit était réservé à une élite, les livres étaient rares et chers, leur contenu souvent censuré. Les occasions de découvrir de nouveaux savoirs ou de nouvelles histoires étaient rares. L’alphabétisation , la profusion de livres édités, le foisonnement de la presse et la généralisation de la radio et de la télévision ont changé la donne au 20ième siècle. La possibilité de découvrir de nouvelles connaissances et de nouvelles histoires par delà les frontières géographique et les générations devient la norme.

      Au 21ième siècle,l’accès à l’information connaît une seconde explosion avec Internet. Il est maintenant possible de suivre les émissions de radio ou de télévision que l’on a pas le temps de regarder en direct. Il n’est plus nécessaire de se rendre dans une bibliothèque ou dans une librairie pour connaître la liste des livres disponibles sur un sujet pointu. Les barrières physiques limitant ou ralentissant l’accès à l’information sautent. Tout va beaucoup plus vite.

      Dans le même temps, le volumes et la diversité des sources disponibles explosent. Pendant longtemps ont pouvait mesurer l’épaisseur du savoir en comptant les millions de livres archivés dans les bibliothèques nationales. Aujourd’hui plus personne ne se risque à estimer combien de milliards de pages sont accessibles sur le web. Chaque personne physique ou morale peut pour un coût modique publier sa production sur le web. Des sources dont l’accès était confidentiel sont maintenant accessible à tous et de nouvelles sources apparaissent : rapports des services de l’État, des entreprises ou des associations, encyclopédies collaboratives, archives numérisées, articles scientifiques, blog, réseaux sociaux … J’arrête là cette liste qui prend des airs d’inventaire à la Prévert alors qu’elle est loin d’être exhaustive !

      L’accès à cette profusion est une chance. Les générations qui nous en précédées auraient sûrement eu de la peine à se l’imaginer. Nous avons tous accès à plus de sources d’informations que les élites au 19ième siècle. Et en plus, sans nous déplacer depuis notre bureau, notre fauteuil, dans les transports, en voyage … ou que nous soyons. Il nous reste juste à choisir ce qui nous intéresse dans cette masse.

      Le choix n’est pas forcément évident. Que faire face à cette profusion : s’instruire mais sur quels sujets ? Se divertir mais en lisant quel roman ou en regardant quelle série ? Dans notre armoire sans fond remplie de pots de confitures, comment être sûr de ne pas manquer ses parfums favoris ? Le nombre de pots étant illimité, nous sommes sûr d’attraper une indigestion avant de tous les avoir goûtés. Impossible d’y couper, il faut choisir !

      Le choix est parfois douloureux. Même en créant ses propres filtres, la profusion est telle que nous sommes nombreux à partager cette frustration ne pas avoir le temps de lire, d’entendre ou de regarder tout ce qui est intéressant. Cette frustration se transforme parfois en inquiétude de rater une information importante.

      Et pourtant comme les générations qui nous ont précédées qui n’avaient pas accès à cette abondance d’informations, nos journées ne font que 24 heures. Notre cerveau est le même que celui de nos ancêtres chasseurs cueilleurs. Comme l’explique Sébastien Dathané dans son livre « décider dans un monde complexe »1 notre cerveau n’est pas fait pour traiter un gros volume d’informations ou faire plusieurs choses à la fois. Voilà un nouveau challenge à relever avec cette profusion d’informations !

      L’équation n’est pas simple à résoudre. Le volume d’informations auquel nous avons accès explose pendant que notre capacité à traiter l’information stagne. Il faudra s’y faire, nous n’aurons pas le temps de goûter tous les pots de confiture que nous avons sous le nez !

      1Sébastien Dathané, Décider dans un monde complexe, Maxima, 316 pages, 2015

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