Les champs de mes rêves

Les champs de mes rêves
  • Archives
  • Nature
  • Présentation
  • Accueil
  • Articles
  • Archives Mensuelles: janvier 2026

    • La cellule : dénominateur commun du vivant

      Publié à 15 h 46 min par Antoine Bocheux, le janvier 18, 2026

      Le vivant est d’une diversité foisonnante. Quels points communs peut-on trouver entre une minuscule bactérie, un arbre et un être humain ? Les différences sautent aux yeux. La bactérie est complètement invisible, l’arbre est fixe et l’être humain bouge. Si l’on oublie nos sens et que l’on adopte un point de vue scientifique il existe pourtant un lien de parenté entre notre bactérie, notre arbre et notre être humain. Ce sont des cousins très éloignés que des centaines de millions d’années d’évolution séparent. En dépit des apparences, ils ont tous un ancêtre commun. Et ils sont tous les trois constitués de cellules. Une simple cellule sans noyau pour la bactérie. Des milliards de cellules avec des noyaux pour l’arbre et l’être humain.

      La vie n’est pas simple à définir, aucune définition ne donne complètement satisfaction. Mais en observant son histoire en plan large, la cellule est un fil rouge, un dénominateur commun entre toutes les formes de vie ayant existé et existant aujourd’hui. Elles ont évolué et se sont diversifiées au fil du temps. Pourtant, elles ont toutes des séquences d’ADN en commun, ce qui permet aux scientifiques d’arriver à la conclusion qu’elles ont un ancêtre commun.

      Au début, il n’y avait que de minuscules cellules sans noyau pour protéger leur ADN, les bactéries et les archées. On ne sait pas laquelle des deux familles est apparue en premier. C’était probablement il y a 4 milliards d’années dans l’enfance de l’histoire de la terre qui a commencé il y a 4,5 milliards d’années. Beaucoup plus tard, il y a environ 1,5 milliard d’années sont apparus les eucaryotes, des cellules plus grandes, avec un noyau pour protéger leur ADN. Plus tard, il y a environ 600 millions d’années la vie multicellulaire apparaît avec des eucaryotes qui deviendront les champignons, les animaux et les plantes. Les cellules des plantes auront des chloroplastes qui leur permettront de fabriquer du sucre avec du CO2, de l’eau et la lumière du soleil. Celles des animaux auront des parois souples, quand celles des plantes seront rigides. Les animaux auront de multiples organes quand les plantes n’en auront que trois : tiges, racines et feuilles (les fleurs sont des feuilles transformées).

      Tout cela est bien complexe à expliquer. Cela semble pourtant limpide en lisant l’excellent livre de vulgarisation scientifique de Christophe Galfard, la vie à portée de maini. Tout est une question d’échelle. Nous sommes trop gros pour voir la majorité des formes de vie et les scientifiques ont eu besoin de microscopes de plus en plus puissants pour les découvrir et commencer à percer les secrets des cellules. La vie, comme toute la matière, est comme un puzzle géant dont l’unité de base est l’atome. Ces atomes sont assemblés en molécules. Celles des êtres vivants sont organisées sous forme de cellules. Dans ces cellules, se déroulent d’incessantes réactions chimiques au cours desquelles des millions de molécules sont assemblées chaque seconde. Les recettes de ces réactions chimiques sont codées sous formes d’ADN, l’alphabet du vivant.

      Pour nous aider à imaginer l’invisible Christophe Galfard nous propose de voyager par la pensée à l’intérieur d’une des cellules de notre main. Ce voyage serait trop long à décrire. Retenons en ici une métaphore (p 293). « les cellules sont les éléments constitutifs de la vie, ce qui est une découverte plutôt solide et rassurante. Mais plus vous observezcelle-ci, plus vous avez l’impression que les cellules sont le fruit du travail d’un groupe d’elfes ivres et minuscules qui ont décidé, lors d’une nuit épique, pour la blague, de construire des villes miniatures à l’intérieur de bulles liquides remplies de gel. C’était une bonne blague parce que ces villes qu’ils avaient en tête étaient, bien sûr faites de telle manière qu’elles devaient en permanence se reconstruire à partir de rien avec des matériaux constamment apportés, filtrés, détruits, recyclés par la cellule elle même. »

      Étrange, invisible. Pourtant notre corps est bien constitué de cellules, leur nombre est estimé à 30 milliards. Une activité incessante se déroule en permanence à l’intérieur de chacune d’entre elles. Autant d’éléments dont nous sommes constitués dont nous n’aurions pas conscience sans les découvertes de la science ! C’est déjà beaucoup, mais cela n’explique pas tout. D’où vient notre conscience d’être en vie, toutes les formes de vie ont-elles une conscience ? Autant de questions auxquelles la science n’est pas en mesure de répondre.

      iChristophe Galfard, la vie à portée, Albin Michel, 2025, 570 p

      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué Biologie, Histoire de la vie
    • Cynorrhodons : des faux fruits dans l’hiver

      Publié à 18 h 03 min par Antoine Bocheux, le janvier 1, 2026

      Le cycle des saisons poursuit son cours. Chaque changement de saison donne à redécouvrir sous un nouveau jour des lieux familiers. Redécouvrir, car la météo n’est jamais la même d’une année sur l’autre. Parce qu’en fonction de l’humeur et de l’attention que l’on porte aux paysages, le regard ne se porte pas au même endroit. Ces derniers jours, le mien s’est attardé sur les cynorrhodons, les fruits de l’églantier. Ils passent inaperçus quand on les cherche pas. Mais en marchant, en cherchant à reconnaître tous les fruits que l’on croise sur son chemin, ils se laissent facilement repérer. Ils sont nombreux, leur couleur rouge rehausse les teintes de plus en plus monochromes de ce début d’hiver.

      Cynorrhodon, voilà un mot qui doit rapporter gros au scrabble. Un mot qu’il n’est pas facile de mémoriser. En langage familier, on les appelle également gratte cul, c’est plus simple à retenir. Et cela rappelle que le contact avec les poils que l’on trouve à l’intérieur des cynorrhodons peut provoquer des démangeaisons ! En s’approchant, attention à ne pas se faire piquer par les épines de l’églantier. Puis cueillir quelques cynorrhodons. Les palper : s’ils sont tendres, ils sont faciles à ouvrir et l’on peut espérer y sucer quelques fragments d’une chair sucrée riche en vitamines C. Ne comptez pas dessus si vous avez un gros appétit. Il est délicat d’y goutter sans avaler par mégarde quelques graines ou quelques poils. Mais le jeu en vaut la chandelle, son goût est très fin, les plus patients en font d’ailleurs d’excellentes confitures.

      Après cette séquence dégustation, place à la botanique. Les choses sont plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Membre de la famille des rosacés, l’églantier (Rosa en latin) est le cousin des rosiers horticoles. Rosa n’est pas une espèce mais un genre. A l’intérieur duquel il existe des dizaines d’espèces. La petite flore de France précise que le genre Rosa comporte, selon les auteurs, 20 à 30 taxons. En précisant qu’ils sont difficiles à identifier, raison pour laquelle elle ne présente que les 6 espèces les plus courantes. N’ayant que les fruits sous les yeux je n’irai pas plus loin dans mes investigations et me contente de constater que les cynorrhodons que j’ai photographiés sont d’une forme nettement différente. J’ai donc probablement croisé deux espèces différentes.

      Autre découverte. Le cynorrhodon n’est pas un fruit mais un réceptacle. C’est ce réceptacle qui portait les pétales, les sépales, les étamines et les pistils de la fleur. A l’intérieur l’ont trouve les véritables fruits. Ce que nous avons pris pour des graines sont en fait des fruits, des akènes pour être précis. Selon le dictionnaire visuel de la botanique leur paroi est très dure et épaisse. Les cynorrhodons ne sont donc pas des fruits, mais des sortes d’urnes charnues, rouges à maturité, qui contiennent les véritables fruits.

      Quelle métamorphose entre la délicate fleur d’églantier, rose tendre, fine et délicate et ce réceptacle rouge vif. Le second était pourtant le support de la première. Ce n’est pas sans une certaine nostalgie pour la douceur du printemps que je me remémore cette fleur. Une autre époque au même endroit. Une époque où les fleurs comptaient sur les insectes pollinisateurs pour transporter leur pollen. Dans les frimas de l’hiver notre églantier ne peut plus compter sur les insectes, engourdis par le froid. Mais les oiseaux sont là pour disperser ses graines. Les cynorrhodons constituent pour eux une source d’énergie bien venue.

      En attendant de retrouver le printemps et ces fleurs délicates, il est temps de vous souhaiter une bonne année 2026. Avec des haies champêtres qui abritent de magnifiques églantiers qui nourrissent les insectes et les oiseaux et font le bonheur des promeneurs attentifs à leur beauté.

      Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué botanique, Nature, Photos
    • Articles récents

      • La cellule : dénominateur commun du vivant
      • Cynorrhodons : des faux fruits dans l’hiver
      • Changement climatique : quand savoir ne suffit pas
      • Incomplétude heureuse
      • La fin de l’insouciance estivale
    • Catégories

      • Nature (42)
      • La Technique (16)
      • Histoire (8)
      • Agriculture (8)
      • Non classé (7)
      • Forêt (5)
      • Information (4)

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

  • S'abonner Abonné
    • Les champs de mes rêves
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Les champs de mes rêves
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…