Février est déjà derrière nous, il est d’autant plus vite passé qu’il ne dure que 28 jours. Une des bonnes nouvelles du mois, oui il y en a,a été le passage des grues cendrées. Elles ont repris le chemin de leurs quartiers d’été en Europe du nord. Il est facile de les observer. Pour cela, il n’est pas nécessaire de se cacher dans un affût. Pendant leurs migrations, elles survolent en masse les habitations. Difficile de manquer leurs cris puissants que l’on peut parfois entendre à l’intérieur des habitations. Une fois localisées grâce à leurs vocalises, il ne reste plus qu’à lever les yeux au ciel et admirer leur passage.
Le moment est bref mais émouvant. Presque systématiquement la peur, justifiée, de l’être humain rend les animaux sauvages difficiles à approcher. On entend souvent les oiseaux mais on les voit rarement. Les rencontres avec les chevreuils restent généralement brèves et furtives. Entendre les grues et voir leurs nombreuses silhouettes former des V, des chevrons et des lignes dans le ciel a quelque chose de réconfortant. Elles passent au dessus de nos têtes sans modifier leur trajectoire. Il est même possible de les photographier pour garder une trace de leurs silhouettes dans le ciel.

Les photos ne sont pas nettes. Il faut préciser que leur passage est bref. Les grues volent vite, généralement entre 45 et 65 kilomètres heure. C’est aussi rapide que des coureurs cycliste pendant une course. Cela laisse peut de temps pour soigner le cadrage et la mise au point des photos. Autre point commun avec les coureurs cyclistes, elles se relaient pour s’exposer au vent à tour de rôle. Elles volent parfois très pres les une des autres. La forme en V qu’elles adoptent leur permet de limiter la prise au vent, comme le peloton des cyclistes.

La revue nature La Salamandre a consacré son numéro de février/mars 2025i aux grues cendrées. L’occasion d’en savoir plus sur ces magnifiques oiseaux. Ce sont de grands oiseaux, plus grands qu’ils n’en ont l’air haut dans le ciel. 1,20 mètres de hauteur à terre, 2,20 d’envergure en vol. En hiver, leur régime alimentaire est essentiellement végétarien, elles apprécient les résidus de récolte et s’adaptent aux immensités recouvertes de maïs en glanant les restes qu’elles y trouvent. En période de migration, elles peuvent manger 300 grammes de grains par jour. Une fois à terre, elles sont plus craintives qu’en vol, particulièrement en période de reproduction où il est difficile de les observer à moins de 300 mètres.
Elles peuvent passer une partie de leur vie dans des milieux où la présence humaine est forte, survolant nos habitations et se nourrissant en partie de résidus de culture. Par contre, il leur est nécessaire d’avoir accès à des zones humides pour se reproduire. Forêt inondées, rivières marécageuses, tourbières … elles ont besoin d’eau libre pour protéger leurs nids des prédateurs.
Même si elles surmontent déjà beaucoup d’obstacles, les grues cendrées doivent s’adapter à la raréfaction des zones humides et aux conséquences du réchauffement climatique qui les poussent parfois à revoir leurs routes migratoires, leurs sites de reproduction et les dates de leurs migrations. Savoir tout cela est une raison de plus d’admirer le passage de ces grands animaux sauvages qui circulent librement au dessus de nos villes et de nos frontières.



2 réflexions sur “Le passage des grues cendrées”
hardkingdom437c88810f
Merci Antoine pour cet article qui m’a permis d’apprendre davantage sur les grues cendrées. Lorsque j’ai la chance de les voir voler, je ne manque jamais de prendre le temps de les admirer. A bientôt de te lire. Amicalement, Nathalie
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Antoine Bocheux
Merci pour ton retour. Amicalement, Antoine
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