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  • Examiner les fleurs : retour sur un stage de botanique

    Publié à 15 h 27 min par Antoine Bocheux, le juin 18, 2023

    Selon le dictionnaire de l’Académie Française, la botanique est la « Science qui a pour objet la connaissance, la description et la classification des végétaux » J’ai toujours aimé suivre les découvertes de la science sur la connaissance des plantes, principalement en lisant des ouvrages de vulgarisation scientifique. Ce blog en témoigne. Par contre, je le confesse, j’ai été moins curieux en ce qui concerne la description et la classification des végétaux. Pas au point de ne pas chercher à mettre un nom sur les plantes que je croise. Bien au contraire. Mais en me contentant souvent d’une méthode peu rigoureuse : comparer d’un coup d’œil les plantes que j’observe dans mes ballades à celles que je trouve dans les livres sous forme de dessins ou de photos.

    Motivé par l’envie d’aller plus loin, je me suis inscrit au stage de botanique pratique de l’association Veilles Racines & Jeunes Pousses. Objectif de la formation : « acquérir des bases solides en reconnaissances et en déterminations ». Elle se déroule sur 4 jours. Elle a lieu à la ferme école de Mercin, dans le sud-est du département de la Creuse sur la commune de Mérinchal. Le cadre est magnifique, la salle de formation est entourée d’un jardin où sont cultivées des plantes médicinales. Derrière le jardin, des prairies entourées de haies bocagères.Nous nous installons en plein air autour d’une table à l’ombre de la terrasse. Entourés de plantes et de livres nous pouvons commencer les présentations autour d’un café ou d’une tisane. Dès le début du stage le botaniste Cédric Perraudeau, notre formateur, nous remet nos outils d’apprenti botaniste : Une flore portative de Gaston Bonnieri et une loupe. L’un ne va pas sans l’autre, nous allons découvrir que la loupe est souvent indispensable pour utiliser la flore. Nous allons prendre l’habitude d’y coller notre œil pour observer les plantes. Observer le mot n’est pas assez fort, nous allons les examiner dans les moindres détails

    Il nous met en garde dès le début, pour utiliser une flore il est nécessaire de maîtriser un vocabulaire précis. Les tiges, les feuilles, les inflorescences, les fleurs, les fruits, tout y passe. Les explications théoriques sont illustrées par des dessins et par la présentation de plantes qu’il cueille dans le jardin voisin pour nous les décrire et nous inviter à les observer à la loupe. Nous examinons les feuilles, les stipules, les formes des poils sur les tiges et les fleurs (certains spécialistes arrivent à reconnaître les espèces de géranium simplement à partir de ce critère) les sépales, les pétales, les étamines. Plus complexes, les pistils qui peuvent être composés d’une ou plusieurs carpelles qui peuvent être libres ou soudées. Viennent ensuite les fruits, akènes, capsules, baies, drupes, gousses et autres siliques. J’arrête ici cet inventaire non exhaustif qui a pour seule ambition de donner une idée de la diversité du vocabulaire à maîtriser pour décrire les plantes. La tâche paraît lourde mais en l’utilisant avec assiduité pendant 4 jours il devient petit à petit familier. Pendant tout le stage Cédric nous a fait des piqûres de rappel sous forme de quiz. Il s’est lui même prêté au jeu en mode expert : il nous a proposé de l’interroger en lui lisant la description détaillée d’une plante, sans lui présenter de photo ou d’illustration. Nous avons essayé de le piéger mais nous n’avons pas réussi ! Preuve qu’un vocabulaire précis permet de décrire les plantes avec une précision redoutable.

    Les trois jours suivants ont été consacrés à la présentation des principales familles botaniques et à la prise en main de la flore de Bonnier. Au jardin puis dans les prairies, nous l’avons utilisée pour déterminer des espèces. C’est une sorte de QCM géant où chaque question élimine des hypothèses jusqu’à arriver, si l’on répond correctement à toutes les questions, à la description de la plante que l’on a sous les yeux. Je me souviendrai de la renoncule rampante ( Ranuculus repens) première plante que j’ai identifiée en utilisant cette flore. Pour être plus précis, plante devant laquelle j’ai commencé à comprendre le fonctionnement de la flore de Bonnier grâce à Cédric. Je pense en particulier à ces nombreuses carpelles formant un bloc. Je les croyais soudées, ce qui m’a induit en erreur. En fait, elles se séparent à maturité, il est possible de les détacher à la main pour s’en assurer. Des plantes il y en eu beaucoup d’autres dans le jardin, dans les prairies sèches, les prairies humides, en lisière des bois, le long des chemins, en bord de rivière, ou sur les coteaux. Il est délicieux de passer quelques jours au milieu des plantes assis dans une prairie. Le tout dans la bonne humeur, dans un contexte propice aux discussions. Une occasion de rencontrer d’autres passionnés de nature, d’échanger sur nos parcours et nos régions respectives. On en perd la notion du temps. Mais il y a la vie, le quotidien reprend son cours. Le mien est derrière un bureau devant un écran. Les plantes ne sont pas absentes pour autant. Elles sont là, le long des chemins où je me promène le soir après le travail et le week-end. Et bien sûr au jardin.

    Une vue imprenable sur la prairie

    Avec le jardin en mouvement les plantes spontanées sont nombreuses mais comment les identifier précisément ? Voilà un terrain où je pourrai continuer d’utiliser régulièrement la flore de Bonnier. Aujourd’hui les liserons attirent mon attention. Ils me donnent du fil à retordre en s’enroulant dans les courgettes ou la lavande mais quand ils s’enroulent autour des lampsanes (Lapsana communis) leurs fleurs sont magnifiques. Mais quelle espèce de liseron est devant moi ? Voilà une occasion de sortir ma flore, de reprendre la loupe et de réviser mon vocabulaire. C’est un liseron des champs (Convolvulus arvensis ). Pour en être sûr il faut savoir ce qu’est une bractée (la dernière feuille avant la fleur). Savoir, également, que la bractée peu avoir un aspect semblable à la feuille ou au contraire être beaucoup plus petite, invisible pour un œil non exercé ! Enfin être informé qu’elle peut-être située proche ou loin de la fleur. Ici la flore de Bonnier précise « bractées distantes de la fleur ». Même au jardin il y a matière à réviser son vocabulaire botanique !

    iGaston Bonnier et Geroges de Layens, Flore complète portative de la France, de la Suisse et de la Belgique, Belin, 426 pages, 1985

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    Auteur : Antoine Bocheux

    Posté dans Nature | 0 Commentaire | Tagué botanique, Nature |

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