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    • Un siècle d’american way of life : voitures, pavillons individuels et centres commerciaux

      Publié à 14 h 21 min par Antoine Bocheux, le novembre 27, 2022

      L’american way of life est une évidence aux contours flous. Tout droit sorti de notre imaginaire collectif, il est véhiculé avec obstinationpar le cinéma et la publicité. Il prend forme dans l’automobile, les pavillons de banlieue et les centres commerciaux. Accès au confort, abondance matérielle, liberté de mouvement, maison individuelle avec jardin, il dégage une connotation positive. Il a aussi sa face sombre avec le gaspillage, le mitage des campagnes et les embouteillages. On ne peut que constater qu’il a profondément changé nos modes de vie et continue à peser sur nos représentations et nos aspirations. Il n’a pourtant qu’un petit siècle.

      Il a pris forme progressivement dans la première moitié du 20ième. Au commencement, il y a la Ford T, la première automobile produite en grande série. Elle rend la voiture accessible à la classe moyenne américaine dès les années 1910. Il devient alors possible de construire des maisons loin des centres-villes tout en travaillant en centre-ville. Les premiers lotissements prennent forme, leur déploiement est ralenti par la récession des années 1930 puis par la seconde guerre mondiale. Il devient massif après guerre. Il est symbolisé par les maisons préfabriquées bon marché conçues par William Levitt. Avec l’accès au crédit, il est devenu moins cher pour la classe moyenne américaine d’acheter un pavillon de banlieue que de louer un appartement en centre-ville.

      Ce nouveau mode de vie introduit des ruptures. L’éloignement entre le domicile et le lieu de travail et les magasins, qui petit à petit quittent les centre villes pour s’installer dans les centres commerciaux. La voiture et les déplacements qu’elle permet deviennent autant une contrainte qu’une liberté. Contrainte de se déplacer pour travailler malgré les embouteillages et des temps de parcours qui s’allongent. Liberté par la facilité à se rendre où l’on veut quand on veut qu’elle procure.

      Le pavillon de banlieue est un type d’habitat nouveau, différent de tout ce qui a existé avant. Les paysans partageaient couramment une ou deux pièce par famille. Ici chacun a sa chambre, son espace particulier. Les jardins entourant les maisons donnent à chaque foyer plus d’intimité que dans un appartement. Plus de lumière aussi avec les vastes baies vitrées et la vue sur la verdure du jardin, loin du monde entièrement minéral des centres-villes.

      L’american way of life c’est également le confort. Confort thermique avec l’eau chaude, le chauffage et la climatisation. Confort pratique avec les aspirateurs, lave-linge et lave vaisselle qui aident à réaliser plus vite les tâches domestiques. Confort moelleux des fauteuils épais dans les salons. Confort qui parfois vire au gadget et à la futilité avec la tentation d’accumuler toujours plus de biens matériels alimentée par la publicité. Aucune civilisation n’a proposé l’équivalent dans les siècles précédents. C’est une rupture profonde avec le passé à la fois par sa nature et par le nombre de personnes qui en bénéficient.

      Il s’accompagne d’un accès à l’information également inédit d’abord avec la radio, la presse et les livres bientôt complété par la télévision. L’accès à la musique dont la transmission prend un tournant inédit avec la radio et les disques. Écouter un concert, lire un livre ou regarder ce qui se passe à l’autre bout du monde bien au chaud dans son fauteuil paraît naturel aujourd’hui, cela ne l’était pas il y a deux siècles. Cela ouvre la porte à de nouveaux imaginaires mais aussi à la publicité. Un voyage intérieur toujours alimenté par de nouveaux mots, de nouvelles images et de nouveaux sons.

      Plus d’intimité, plus de confort, une invitation à chacun de vivre dans sa bulle. Tout en étant de plus en plus dépendant vis à vis de l’extérieur. Plus de vie possible sans le cordon ombilical des fils électriques, les réseaux d’eau potable et le ruban des routes. Avec le temps la dépendance a changé de forme. Elle ne vient plus de la tribu ou du village mais de l’État et des sociétés anonymes. Ses méandres sont tellement vastes qu’on ne peut plus mettre un visage dessus.

      Avec le déclin de la classe moyenne, ce mode de vie est menacé. La répartition de plus en plus inégale de la richesse et la fin de l’énergie bon marché interrogent sur son avenir. A peine né et déjà en sursis, nous commençons tout juste à avoir le recul pour nous interroger sur ce qu’il a changé dans nos vies, pour le meilleur et pour le pire.

      Posté dans Histoire, La Technique | 0 Commentaire
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