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    • « Si le monde devait crever demain je planterais un arbre »

      Publié à 15 h 30 min par Antoine Bocheux, le juillet 31, 2021

      Que ferions nous si nous étions sûr que le monde devait crever demain ? Pour être plus précis, que si rien ne change, les effets conjugués de la croissance des productions industrielles, de l’agriculture et de la population, allaient provoquer une hausse de la pollution, une raréfaction des ressources naturelles et un effondrement de la production agricole. Et qu’au final, c’est la population humaine qui va s’écrouler à son tour. Ces conclusions sont celles auxquelles ont abouti Dennis et Donella Meadows, Jørgen Randers et William Behrens en 1972 dans le rapport « Les Limites à la croissance » également connu sous le nom de rapport du Club de Rome.

      Télérama a recueilli leurs souvenirs et est revenu sur leurs parcours dans un passionnant article intitulé « ils étaient quatre mousquetaires »i. Cet article insiste sur l’aspect humain de leur travail. Au début des années 1970, nos quatre jeunes chercheurs, étudiants au MIT, ont travaillé pendant 18 mois. Leur sujet ?  « Analyser les causes et les conséquences à long terme de la croissance sur la démographie et sur l’économie matérielle mondiale » Pour le savoir, ils ont modélisé sur un ordinateur l’évolution de la production industrielle, de la production alimentaire, de la démographie de la pollution et des ressources naturelles. Chiffres à l’appui, ils sont arrivés à une conclusion qu’ils n’avaient pas prévue. Ils avaient beau vérifier leurs données, refaire leurs calculs, les résultats de leur modélisation étaient intraitables. Le système de croissance actuel n’est pas viable sur le long terme. Les progrès technologiques peuvent repousser l’effondrement mais pas l’éviter. La seule solution pour y échapper est de limiter la croissance.

      Surpris par ces résultats, ils ont présenté leur travail avec enthousiasme, convaincus qu’ils allaient être écoutés. Certes les décideurs des sphères politiques et économiques du club des Rome, commanditaires du rapport, avait pris leurs distances avec leurs conclusions. Même si elles étaient surprenantes leurs conclusions étaient le résultat d’un travail scientifique, il fallait les faire entendre, expliquer l’inattendu. Maintenant que l’on savait ce qui nous attend, il suffisait de faire prendre conscience de la situation aux décideurs. Logiquement, ils prendraient les mesures nécessaires pour éviter le pire Pour se faire entendre, ils ont rédigé un mémo qui est devenu « les limites de la croissance ». Dès sa sortie il leur a apporté une notoriété internationale.Ils ont pu exposer les conclusions auprès d’une large audience. Ils ont été payés pour donner des conférences.

      Les années ont passé et petit à petit, il ont compris qu’ils étaient écoutés mais pas entendus. Alors que les faits validaient leurs conclusions. L’augmentation de la pollution et la raréfaction des ressources naturelles étaient conformes à leurs prévisions. Petit à petit, ils ont ressenti un malaise de plus en plus oppressant. Si les puissants de ce monde n’écoutent pas leurs conclusions que faire pour éviter le pire ? Insister, expliquer encore et encore ? Malgré les crises, écologique et économique, rien ne change. Au moins se concentrer sur leurs actions, leur quotidien. William Behrens, s’est lancé dans l’élevage bio et habite une cabane dans les bois. Jørgen Randers a acheté des parcelles de forêts pour les préserver. Dennis Meadows s’implique dans la vie locale dans la commune de Durham où il habite. Donella Meadows est décédée en 2001. Elle avait affiché comme devise sur la porte de son bureau une phrase touchante et pleine de sagesse « si le monde devait crever demain je planterais un arbre ».

      Ces quatre chercheurs ont été confrontés avant nous à l’inquiétude de percevoir un danger qui nous menace tous. Aujourd’hui il devient perceptible. Devant l’inertie des décideurs, ils se sont repliés sur l’action locale pour ne pas rester inactif devant la menace. Cette inquiétude, ce besoin de mettre en adéquation ce que l’on sait avec ce que l’on fait, nous sommes de plus en plus nombreux à la ressentir. Protéger les arbres, planter des arbres est une manière de le faire. En atténuant les sécheresses et les inondations, en abritant une riche biodiversité, en captant du CO2, en nous protégeant de leurs ombres et tous simplement par leur beauté ils sont sources de résilience. Planter un arbre aujourd’hui, c’est planter un peu d’espoir pour l’avenir, ne pas baisser les bras devant un avenir incertain.

      ihttps://www.telerama.fr/debats-reportages/cinquante-ans-avant-la-convention-pour-le-climat-lincroyable-histoire-des-quatre-chercheurs-qui-6822606.php

      Posté dans La Technique | 0 Commentaire
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