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    • Le pot de confiture de l’information

      Publié à 14 h 22 min par Antoine Bocheux, le octobre 18, 2020

      Une des singularités de notre époque est la profusion d’informations auxquelles nous avons accès. Avec Internet, elles sont partout autour de nous. Elle se répandent sous forme d’un flot ininterrompu. Comme si nous avions un accès illimité à un placard sans fond rempli de pots de confitures tous plus délicieux les uns que les autres sans avoir le temps de tous les goûter. L’accès à cette manne est une chance et nous offre des possibilités inédites pour nous instruire, nous informer ou nous divertir. Elle nous expose aussi à de nouveaux écueils. Nul n’est à l’abri d’une indigestion en mangeant trop de confiture …

      Pendant la plus grande partie de l’histoire de l’humanité l’accès à l’information était limitée, sa transmission était principalement orale. La majorité de la population ne savait ni lire ni écrire, l’écrit était réservé à une élite, les livres étaient rares et chers, leur contenu souvent censuré. Les occasions de découvrir de nouveaux savoirs ou de nouvelles histoires étaient rares. L’alphabétisation , la profusion de livres édités, le foisonnement de la presse et la généralisation de la radio et de la télévision ont changé la donne au 20ième siècle. La possibilité de découvrir de nouvelles connaissances et de nouvelles histoires par delà les frontières géographique et les générations devient la norme.

      Au 21ième siècle,l’accès à l’information connaît une seconde explosion avec Internet. Il est maintenant possible de suivre les émissions de radio ou de télévision que l’on a pas le temps de regarder en direct. Il n’est plus nécessaire de se rendre dans une bibliothèque ou dans une librairie pour connaître la liste des livres disponibles sur un sujet pointu. Les barrières physiques limitant ou ralentissant l’accès à l’information sautent. Tout va beaucoup plus vite.

      Dans le même temps, le volumes et la diversité des sources disponibles explosent. Pendant longtemps ont pouvait mesurer l’épaisseur du savoir en comptant les millions de livres archivés dans les bibliothèques nationales. Aujourd’hui plus personne ne se risque à estimer combien de milliards de pages sont accessibles sur le web. Chaque personne physique ou morale peut pour un coût modique publier sa production sur le web. Des sources dont l’accès était confidentiel sont maintenant accessible à tous et de nouvelles sources apparaissent : rapports des services de l’État, des entreprises ou des associations, encyclopédies collaboratives, archives numérisées, articles scientifiques, blog, réseaux sociaux … J’arrête là cette liste qui prend des airs d’inventaire à la Prévert alors qu’elle est loin d’être exhaustive !

      L’accès à cette profusion est une chance. Les générations qui nous en précédées auraient sûrement eu de la peine à se l’imaginer. Nous avons tous accès à plus de sources d’informations que les élites au 19ième siècle. Et en plus, sans nous déplacer depuis notre bureau, notre fauteuil, dans les transports, en voyage … ou que nous soyons. Il nous reste juste à choisir ce qui nous intéresse dans cette masse.

      Le choix n’est pas forcément évident. Que faire face à cette profusion : s’instruire mais sur quels sujets ? Se divertir mais en lisant quel roman ou en regardant quelle série ? Dans notre armoire sans fond remplie de pots de confitures, comment être sûr de ne pas manquer ses parfums favoris ? Le nombre de pots étant illimité, nous sommes sûr d’attraper une indigestion avant de tous les avoir goûtés. Impossible d’y couper, il faut choisir !

      Le choix est parfois douloureux. Même en créant ses propres filtres, la profusion est telle que nous sommes nombreux à partager cette frustration ne pas avoir le temps de lire, d’entendre ou de regarder tout ce qui est intéressant. Cette frustration se transforme parfois en inquiétude de rater une information importante.

      Et pourtant comme les générations qui nous ont précédées qui n’avaient pas accès à cette abondance d’informations, nos journées ne font que 24 heures. Notre cerveau est le même que celui de nos ancêtres chasseurs cueilleurs. Comme l’explique Sébastien Dathané dans son livre « décider dans un monde complexe »1 notre cerveau n’est pas fait pour traiter un gros volume d’informations ou faire plusieurs choses à la fois. Voilà un nouveau challenge à relever avec cette profusion d’informations !

      L’équation n’est pas simple à résoudre. Le volume d’informations auquel nous avons accès explose pendant que notre capacité à traiter l’information stagne. Il faudra s’y faire, nous n’aurons pas le temps de goûter tous les pots de confiture que nous avons sous le nez !

      1Sébastien Dathané, Décider dans un monde complexe, Maxima, 316 pages, 2015

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